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RDC : les environnementalistes appellent à repenser la conservation autour des communautés

Les organisations de la société civile environnementale veulent insuffler un nouveau souffle à la conservation de la nature en République démocratique du Congo. Dans un mémorandum transmis le 10 septembre 2026 à la ministre de l’Environnement, elles proposent la tenue d’un « Dialogue National Vert », destiné à réunir les principaux acteurs autour de l’avenir des aires protégées et de la place des communautés dans leur gestion.

Cette proposition intervient dans un contexte marqué par de fortes pressions sur la biodiversité. Les organisations signataires citent notamment la déforestation, les feux de brousse, le braconnage, ainsi que l’exploitation minière, forestière et agricole. À ces facteurs s’ajoutent, selon elles, les effets du changement climatique et la pauvreté, qui poussent certaines populations dépendantes des ressources naturelles à exercer davantage de pression sur leur environnement.

Au cœur de leurs préoccupations figure la participation des communautés locales et des peuples autochtones. Les signataires estiment que la conservation ne peut durablement reposer sur la seule protection des espaces naturels. Ils évoquent des tensions persistantes entre certaines populations riveraines et les gestionnaires des parcs, notamment autour des conditions ayant accompagné la création de certaines aires protégées et du déficit de consultation des communautés concernées.

Les organisations demandent ainsi un renforcement de la participation communautaire et le respect du principe du consentement libre, préalable et éclairé pour les décisions susceptibles d’affecter les populations vivant autour des espaces protégés. Elles plaident également pour une amélioration des conditions de travail des éco-gardes et un financement accru de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), afin de leur permettre d’accomplir leurs missions dans un environnement où le braconnage et l’exploitation illégale des ressources restent des menaces importantes.

Pour les signataires, protéger la nature doit également aller de pair avec le développement local. Ils recommandent de multiplier les opportunités économiques en faveur des jeunes et de soutenir les mécanismes de conservation communautaire, notamment les Concessions forestières des communautés locales (CFCL). L’ambition est de proposer aux populations des alternatives économiques susceptibles de réduire leur dépendance aux ressources naturelles et de renforcer leur implication dans la gestion des espaces forestiers.

Le Parc national des Virunga, au Nord-Kivu, est cité comme une illustration des défis auxquels la conservation est confrontée. Les organisations évoquent notamment la pression démographique et la croissance des besoins en terres, en alimentation, en énergie et en eau. Pour Prince Kihangi, coordonnateur de l’organisation Les Écologistes de la RDC et membre de la société civile environnementale, la protection de la nature doit davantage intégrer les populations vivant à proximité des aires protégées, à travers notamment plus de participation, de transparence et des mécanismes d’alerte précoce.

Le « Dialogue National Vert » devrait ainsi réunir autorités publiques, ICCN, gestionnaires des aires protégées, communautés locales, chercheurs, organisations de la société civile, jeunes, associations féminines, autorités coutumières, médias et partenaires de la RDC. Pour ses initiateurs, ce cadre permettrait d’évaluer les politiques actuelles de conservation et d’explorer de nouvelles formes de collaboration. En toile de fond, leur démarche porte une conviction : la sauvegarde de la biodiversité ne pourra être durable que si elle parvient à concilier protection de la nature, développement des communautés riveraines et respect de leurs droits.

Obady Madirisha

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