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Grand Ruwenzori : les communautés donnent 72 heures à l’ICCN et à Virunga pour dialoguer

Les communautés des communes de Lume et de Bulongo, ainsi que celles du secteur de Ruwenzori, accordent un ultimatum de 72 heures à l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et aux responsables du Parc national des Virunga (PNVI) pour engager un dialogue autour de leurs revendications. Cette exigence a été formulée jeudi 15 octobre 2026, à Mutwanga, dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, à l’issue d’une marche pacifique organisée pour dénoncer les difficultés auxquelles les populations riveraines affirment être confrontées.

Partis du parking KIPA, à Nzenga, les manifestants ont rejoint la base du secteur Nord du Parc national des Virunga, située à Mutsora. Sur place, leur mémorandum a été lu avant d’être remis à Méthode Uhoze, représentant du directeur du parc. Les participants se sont ensuite dirigés vers le bureau du secteur de Ruwenzori, où l’autorité sectorielle, Kasereka Mapati Japhet, a également reçu le document après sa lecture.

Dans leur mémorandum, les communautés riveraines dénoncent ce qu’elles considèrent comme une mise à l’écart dans les initiatives liées au parc. Elles réclament notamment le respect du quota local dans les recrutements, l’exécution des engagements pris envers les fournisseurs agricoles locaux ainsi que la fin des arrestations qu’elles qualifient de brutales. Ces revendications traduisent leur volonté de voir leurs préoccupations prises en compte dans les relations avec les institutions chargées de la conservation et les structures de développement associées.

Les manifestants interpellent également l’ICCN, Virunga Énergie et Virunga Développement, qu’ils appellent à privilégier un dialogue permanent et la recherche de consensus avec les populations riveraines. Pour ces communautés, la conservation de la nature ne devrait pas se faire au détriment des intérêts locaux, mais s’accompagner d’une prise en compte effective des besoins sociaux et économiques des habitants vivant à proximité de l’aire protégée.

Au cœur de leur démarche figure ainsi la question des retombées locales de la présence du Parc national des Virunga. Les communautés estiment que cet espace naturel doit constituer un moteur de développement pour les populations riveraines, notamment à travers les possibilités d’emploi, les débouchés agricoles et des relations apaisées avec les institutions de conservation. Elles souhaitent, à cet effet, que leurs revendications fassent l’objet d’échanges susceptibles de déboucher sur des engagements concrets.

Selon le mémorandum lu par Bernard Muke, les responsables concernés disposent de 72 heures pour répondre aux revendications formulées et engager un dialogue avec les communautés de Mutwanga, Lume et Bulongo. Ce délai constitue, pour les manifestants, une échéance à l’issue de laquelle ils attendent des signes tangibles d’ouverture de la part des institutions interpellées.

À défaut d’une réponse dans le délai annoncé, les manifestants menacent d’organiser des actions civiques de grande envergure. Cette mise en garde place les responsables concernés face à l’exigence d’un dialogue avec les communautés riveraines, dans un contexte où la prise en compte des préoccupations locales demeure un enjeu important pour les relations entre conservation de la biodiversité et développement communautaire.

Par Nzangura Kwavingiston

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