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Walese Vonkutu : six décisions majeures pour restaurer l’autorité de l’État à Mungamba

À Mungamba, dans la chefferie de Walese Vonkutu, en territoire d’Irumu, les acteurs locaux veulent tourner la page des tensions qui fragilisent la cohésion sociale et entravent la stabilisation de la région. Un mois après le Barza organisé le 22 juillet dernier, une nouvelle mission de restauration de l’autorité de l’État s’est tenue ce mercredi sous la présidence de l’Administrateur militaire d’Irumu, le colonel Siro Nsimba Bunga Jean. L’initiative a été facilitée par l’ONG Mwangaza Peace (M-PEACE), dans le cadre du projet d’appui à la stabilisation de l’Ituri, financé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Suède.

Le précédent Barza avait réuni quelque 70 participants autour des difficultés qui pèsent sur une population essentiellement dépendante de l’agriculture. Les échanges avaient permis d’identifier six foyers de conflit considérés comme des obstacles majeurs à la stabilité locale : les taxes illégales imposées pour accéder aux champs, la surtaxation attribuée à la chefferie, les tracasseries dénoncées au niveau de l’Agence nationale de renseignements (ANR) et de la Direction générale de migration (DGM), ainsi qu’une taxe d’hygiène jugée sans contrepartie par les habitants.

À ces problèmes s’ajoutait la fermeture de la partie Est de la zone pour des opérations militaires contre les ADF. Une mesure sécuritaire qui, selon les préoccupations exprimées lors du Barza, affecte directement les activités agricoles et, par conséquent, les moyens de subsistance des familles. Dans ce contexte, la recherche d’un équilibre entre impératifs sécuritaires, accès aux terres agricoles et respect des droits des communautés s’est imposée comme l’un des enjeux centraux des discussions.

Pour tenter d’apporter des réponses concrètes à ces difficultés, les différentes composantes de la communauté se sont retrouvées autour d’une même table. Aux côtés des autorités territoriales figuraient notamment les Forces armées de la RDC (FARDC), la Police nationale congolaise (PNC), les jeunes ainsi que les femmes. Cette démarche participative a permis de faire émerger six décisions, présentées comme des engagements destinés à améliorer la gouvernance locale, renforcer la sécurité et restaurer la confiance entre les autorités et la population.

Parmi les mesures retenues figure la suspension pour trois mois du chef de groupement, avec un intérim confié au secrétaire administratif. Une évaluation de cette disposition est prévue dans un délai de deux mois. Les participants ont également décidé d’institutionnaliser le Barza comme un cadre permanent de dialogue, afin que les différends communautaires puissent être examinés et traités régulièrement plutôt que de s’envenimer jusqu’à devenir des crises ouvertes.

Autre décision majeure : la mise en place d’un comité de sécurité élargi, reposant notamment sur le renseignement communautaire. L’objectif est de rapprocher les structures de sécurité de la population et de favoriser la circulation d’informations utiles à la prévention des menaces. Mais la mesure qui apparaît comme la plus structurante concerne la fin de la « double casquette », c’est-à-dire le cumul d’une fonction coutumière avec une fonction étatique, considéré par les participants comme l’une des principales sources des dysfonctionnements observés dans la gouvernance locale.

À Mungamba, ces six décisions constituent ainsi une tentative de transformer le dialogue communautaire en mécanisme durable de stabilisation. Leur portée dépendra désormais de leur mise en œuvre effective et du respect des engagements pris autour de la table. Entre restauration de l’autorité de l’État, amélioration de la gouvernance locale et implication accrue des communautés dans la sécurité, le Barza ouvre une nouvelle séquence dont la population attend surtout des résultats concrets : pouvoir accéder à ses champs, vivre sans tracasseries et participer pleinement à la construction d’une paix durable.

La Reine Aminata Kitambala

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