
Près de 98 % des mammifères n’ont pas de menstruations. Seuls l’être humain et quelques espèces animales partagent ce phénomène biologique singulier. Une rareté que les chercheurs, cités par Deutsche Welle (DW), considèrent comme un éclairage précieux sur l’évolution des cycles reproductifs.
Les menstruations, définies comme l’écoulement de sang provenant de l’utérus par le vagin, constituent une singularité biologique. Alors que l’être humain les connaît chaque mois, la grande majorité des mammifères présente plutôt un cycle œstral, marqué par la réabsorption de la muqueuse utérine.
Cette distinction fondamentale éclaire l’évolution des espèces. Les menstruations véritables apparaissent comme une exception coûteuse en énergie, mais porteuse d’un rôle biologique encore discuté par les chercheurs. Selon DW, cette rareté interroge sur les avantages évolutifs qui ont pu conduire certaines espèces à conserver ce mécanisme.
Les primates, proches parents de l’homme, figurent parmi les rares mammifères concernés. Chimpanzés, bonobos, gorilles, orang‑outans, babouins et macaques rhésus connaissent des cycles comparables au nôtre, bien que l’écoulement sanguin soit souvent plus discret.
Certains singes du Nouveau Monde partagent également ce phénomène, confirmant que les menstruations se sont imposées dans plusieurs lignées de primates. Cette proximité biologique nourrit la recherche médicale et comparative.
Au‑delà des primates, quelques chauves‑souris se distinguent. La chauve‑souris frugivore à queue courte (Carollia perspicillata) ou la mastiff noire figurent parmi les rares espèces identifiées. Leur cas demeure exceptionnel dans cet ordre.
Le rat épineux du Caire (Acomys cahirinus) représente une découverte majeure. Seul rongeur connu pour avoir de véritables menstruations, identifié récemment (2016‑2019), il est devenu un modèle précieux pour la recherche biomédicale.
La musaraigne‑éléphant, petit mammifère rappelant le rongeur sans en être un, complète cette liste restreinte. Elle illustre la diversité des lignées où les menstruations ont émergé indépendamment.
À l’inverse, la plupart des animaux domestiques ou sauvages — chiens, chats, bovins, chevaux, lions — ne connaissent pas de menstruations véritables. Lors de leurs chaleurs, ils peuvent présenter un léger écoulement, mais il ne s’agit pas de l’expulsion de la muqueuse utérine.
En définitive, les menstruations véritables apparaissent comme une rareté évolutive, partagée par l’homme, certains primates, quelques chauves‑souris, le rat épineux et la musaraigne‑éléphant. Leur étude, souligne DW, éclaire la singularité du cycle reproductif humain et ouvre des perspectives scientifiques sur la santé et la reproduction.
Emmanuel kasereka Bin Vikingi