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Sambaza : le petit poisson du lac Kivu, grande vitrine touristique de Goma

À Goma, le tourisme ne se découvre pas uniquement à travers les paysages volcaniques, les eaux du lac Kivu ou les richesses naturelles qui entourent la ville. Il se savoure également. Dans les restaurants, les hôtels, les marchés et jusque dans les ménages, le Sambaza, ce petit poisson du lac Kivu, s’impose comme l’une des expressions les plus authentiques de l’identité gastronomique de la ville. Pour de nombreux visiteurs, goûter au Sambaza grillé ou préparé selon les recettes locales constitue une expérience incontournable, une manière de découvrir Goma à travers les saveurs de son lac et les traditions de ses populations.

Cette spécialité culinaire, partagée avec Bukavu, dans la province voisine du Sud-Kivu, raconte en réalité tout un territoire. Depuis des générations, les communautés riveraines entretiennent avec le lac Kivu une relation étroite, faite de pêche, de commerce et de consommation. À Goma comme à Bukavu, le Sambaza accompagne les repas familiaux, les cérémonies et les moments de convivialité. Dans les établissements qui accueillent les voyageurs, il trouve naturellement sa place sur les tables, offrant aux touristes une occasion de découvrir un produit local directement lié à l’environnement qui façonne l’identité des deux villes.

Cette dimension gastronomique constitue un potentiel touristique encore largement exploitable. Le Sambaza pourrait s’inscrire dans une véritable offre de tourisme culinaire autour du lac Kivu : découverte des sites de pêche, observation du travail des pêcheurs, visite des marchés, découverte des techniques de préparation et dégustation dans les restaurants locaux. Une telle approche permettrait de transformer un produit quotidien en expérience touristique, en mettant simultanément en valeur la gastronomie, les savoir-faire et le patrimoine naturel de Goma.

Derrière cette petite ressource aquatique se trouve également une activité économique qui fait vivre de nombreux ménages. Une commerçante de Sambaza interrogée par Beroyafm.net, explique que cette activité lui permet de répondre à plusieurs besoins essentiels de son foyer. Les revenus tirés de ce commerce contribuent notamment à la scolarité, à l’alimentation et à la prise en charge des soins de santé des membres de sa famille. Son témoignage donne une dimension humaine à cette filière : derrière chaque portion vendue se trouvent des familles qui dépendent de cette activité pour leur quotidien.

Pour un habitat de Goma qui s’est confié à notre rédaction, le Sambaza fait partie des identités qui caractérisent Goma et Bukavu. Cette perception populaire souligne la dimension culturelle de ce poisson, devenu au fil du temps un symbole de la vie autour du lac Kivu. Son commerce dépasse d’ailleurs les limites des deux villes, puisqu’une partie de la production est acheminée vers d’autres localités, contribuant ainsi à son rayonnement gastronomique et à la circulation des revenus dans plusieurs communautés.

Toutefois, aucune valorisation touristique durable du Sambaza ne peut être envisagée sans la protection du lac qui lui donne vie. La qualité de cet écosystème conditionne directement la survie et la reproduction des espèces aquatiques ainsi que l’avenir des activités qui en dépendent. La pollution, la dégradation des berges et la spoliation des espaces riverains constituent donc des menaces non seulement pour l’environnement, mais également pour l’économie locale et le potentiel touristique de Goma et de Bukavu. Préserver le lac Kivu revient ainsi à protéger une ressource naturelle, un patrimoine culturel et une source de revenus.

Le Sambaza apparaît finalement comme bien plus qu’un simple poisson servi dans une assiette. À Goma, il est une porte d’entrée vers le tourisme gastronomique, un produit qui permet au visiteur de goûter au territoire tout en découvrant l’histoire, les pratiques et le quotidien des populations riveraines. Valoriser cette petite richesse du lac Kivu, c’est donner une nouvelle dimension au tourisme local ; la préserver, c’est garantir que cette saveur intimement liée à l’identité de Goma et de Bukavu puisse continuer à raconter le territoire aux générations futures.

Emmanuel Kasereka bin Vikingi

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