
Dans une région ravagée par l’insécurité des ADF et la guerre de l’AFC/M23 contre les forces loyalists de la RDC, les élèves de Mutwanga et Mwenda dénoncent une semaine sans cours et exigent la libération de leurs enseignants emprisonnés. Ils alertent sur les risques sociaux et psychologiques qui pèsent sur une jeunesse fragilisée depuis trop longtemps.
Depuis plus d’une décennie, les enfants du territoire de Beni vivent sous la terreur des attaques des ADF. À cette insécurité chronique s’ajoute la guerre et l’occupation de certaines parties du Nord-Kivu par l’AFC/M23 appuyée par le RDF, qui accentuent les déplacements, la déscolarisation et la perte de repères.
Dans ce contexte dramatique, l’école représente l’un des rares espaces de protection et d’encadrement. Sa fermeture prolongée expose les enfants à des dérives sociales et psychologiques majeures, aggravant une vulnérabilité déjà profonde.
Le jeune leader Enock Syayikoma alerte sur les dangers d’une jeunesse livrée à elle-même : « Le risque est de voir les enfants sombrer dans l’alcool, le proxénétisme, la manipulation économique ou encore les accidents. Quand les jeunes ne sont pas encadrés, ils se retrouvent détachés de la réalité et exposés à la loi de la rue, qui est brutale. »
Depuis le 19 janvier 2026, les enseignants de Mutwanga et Mwenda observent une grève pour exiger la libération de leurs collègues condamnés à des peines de 4 à 18 ans de prison et détenus à la prison de Beni Kangwayi.
Ces enseignants rejettent les charges liées à la mort de deux élèves survenue il y a deux ans, affirmant que les décès seraient dus à des maladies, une version soutenue par des proches et des sources médicales. Pour eux, il s’agit d’une injustice qui alimente la colère du corps enseignant.
Face à cette situation, les élèves ont adressé un mémorandum au chef de secteur du Ruwenzori et à l’abbé de la paroisse Saint Paul et Pierre de Mutwanga, dénonçant une semaine sans cours et sollicitant une réaction urgente des autorités.
Ils exigent que la reprise des cours soit conditionnée à la libération des enseignants emprisonnés et ont lancé un ultimatum d’une semaine pour obtenir satisfaction.
Lors d’une audience avec le secrétaire administratif du secteur Ruwenzori, Moïse Balikwisha, les élèves ont réaffirmé leur détermination à poursuivre leur mobilisation jusqu’à obtenir gain de cause.
Dans une région où l’insécurité et la guerre fragilisent déjà l’avenir des enfants, la grève des enseignants accentue la vulnérabilité de la jeunesse. Les autorités locales, provinciales et nationales sont priées de réagir urgemment pour éviter que cette crise éducative ne se transforme en catastrophe sociale.
Par NzanguraKwavingiston