
Des milliers de déplacés originaires du territoire de Rutshuru expriment leur volonté de regagner leurs villages, alors que la crise sécuritaire continue de bouleverser leur quotidien. L’un des notables de Rutshuru, Aimé Mbusa Mukanda, affirme que de nombreuses familles aspirent avant tout à retrouver leurs foyers et à reprendre une vie normale dans des conditions de sécurité.
Selon Aimé Mbusa Mukanda, également activiste des droits de l’homme, la dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs localités de Rutshuru a entraîné d’importants mouvements de populations vers le nord de la province. Il évoque notamment l’insécurité, les difficultés d’accès aux terres agricoles, des cas d’enlèvements, d’arrestations arbitraires ainsi que des contraintes économiques qui affectent le quotidien des habitants.
Le notable estime que plus d’un million de personnes auraient quitté leurs localités depuis l’extension du conflit. Il soutient que les habitants restés sur place vivent dans un contexte marqué par la peur, les bombardements récurrents et diverses formes de pression, tandis que de nombreux déplacés demeurent privés de leurs principales sources de subsistance.
Au-delà des défis sécuritaires, Aimé Mbusa Mukanda attire l’attention sur la situation humanitaire des déplacés installés notamment à Beni, Kasindi et Butembo. Selon lui, plusieurs familles font face à des difficultés d’accès à l’assistance, malgré la présence de certaines organisations humanitaires dans les zones d’accueil. Il appelle à un renforcement de la prise en charge des populations affectées.
Le notable plaide pour que des actions concrètes soient mises en œuvre afin de mettre un terme au conflit et de rétablir durablement la sécurité dans le territoire de Rutshuru. Selon lui, seule une amélioration de la situation sécuritaire permettra aux populations déplacées de regagner volontairement leurs villages, de retrouver leurs terres et de reprendre leurs activités dans la paix.
Avant même l’évolution récente de la situation militaire autour de Goma, plusieurs localités des territoires de Rutshuru, Nyiragongo et Lubero étaient déjà affectées par les affrontements, provoquant des déplacements massifs de populations et aggravant les besoins humanitaires dans la région.
À travers cet appel, les déplacés de Rutshuru réaffirment leur souhait de retrouver leurs villages et de reprendre une vie normale. Pour Aimé Mbusa Mukanda, la fin du conflit demeure une condition essentielle pour permettre un retour volontaire, sûr et durable des populations, ainsi que la relance des activités socio-économiques dans le territoire de Rutshuru.
Par La Reine Aminata Kitambala