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Réformer l’article 90 en RDC : la vision de Jean-Paul Soko pour l’État

Dans un entretien accordé à la presse, l’analyste politique Jean-Paul Soko propose une réforme de l’article 90 de la Constitution congolaise. Pour lui, la compétence doit remplacer la représentativité comme critère central de nomination au gouvernement, afin de bâtir un État plus efficace et cohérent.  

La Constitution de la République Démocratique du Congo prévoit, en son article 90, que la formation du gouvernement doit tenir compte de la représentativité nationale. Ce principe, pensé pour assurer l’inclusion des différentes composantes du pays, a marqué la vie politique depuis plus de vingt ans.

Mais selon Jean-Paul Soko, cette disposition a souvent été interprétée comme une obligation de répartir les postes selon des logiques régionales, ethniques ou partisanes. « Au lieu de renforcer l’unité, elle a transformé la formation du gouvernement en un exercice d’équilibrisme permanent », explique-t-il.

Cette pratique a progressivement fragilisé l’efficacité de l’État. Les compromis identitaires ont pris le pas sur la compétence, réduisant la capacité du gouvernement à agir de manière cohérente et efficace. Pour Jean-Paul Soko, « un État ne peut se construire durablement sur des compromis qui sacrifient le mérite ».

L’histoire récente de la RDC illustre les conséquences de cette dérive. Plusieurs mouvements rebelles ont justifié leur existence par un sentiment d’exclusion, en invoquant l’article 90 pour légitimer leurs revendications. Loin d’apaiser les tensions, le principe de représentativité a paradoxalement nourri les fractures identitaires.

Dans son analyse, Jean-Paul Soko souligne que ce système entretient l’idée selon laquelle l’accès au pouvoir dépend d’une appartenance communautaire plutôt que du mérite. « C’est une logique dangereuse qui renforce les divisions au lieu de les dépasser », affirme-t-il.

Face à ce constat, l’analyste politique appelle à une révision constitutionnelle lucide et responsable. Il propose de supprimer le principe de représentativité et de consacrer la compétence comme critère central de nomination aux fonctions gouvernementales.

Une telle réforme, selon lui, permettrait de renforcer l’efficacité de l’État, de réduire la politisation des identités et de favoriser l’émergence d’une conscience nationale fondée sur le mérite. « La compétence doit devenir le socle de l’action publique », insiste Jean-Paul Soko.

Pour l’avenir de la RDC, il ne s’agit pas de renier l’esprit de la Constitution, mais de lui redonner toute sa force. La nation ne peut se construire sur une addition de communautés en quête de parts de pouvoir, mais sur des femmes et des hommes compétents, au service de l’intérêt général.

Jean-Paul Soko conclut : « Réviser l’article 90, c’est choisir de bâtir une République fondée sur la compétence, capable de répondre aux défis du présent et de préparer l’avenir. »

La rédaction

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