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RDC : Marche de l’opposition, la CNDH met en garde contre les armes et les violences

À la veille de la marche annoncée par l’opposition à Kinshasa, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC) hausse le ton. Dans un communiqué de presse rendu public ce lundi 14 septembre 2026, l’institution d’appui à la démocratie appelle les organisateurs, les responsables politiques et les manifestants à faire de cette journée de mobilisation une expression pacifique de la liberté démocratique, loin de toute logique d’affrontement. Un appel à la responsabilité lancé alors que les préparatifs de la manifestation se poursuivent dans un climat marqué par des préoccupations sécuritaires.

Dans son communiqué numéro 012/PRES/PNM/SP/01/2026, la CNDH affirme suivre avec une attention particulière l’évolution de la situation autour de cette mobilisation portée par les partis A.Ch, ECiDé, ENSEMBLE, LGD et ENVOL, réunis au sein de la coalition de l’opposition. Elle dit également observer les appels à la mobilisation relayés sur les réseaux sociaux. Rappelant les dispositions des articles 25 et 26 de la Constitution, la Commission souligne que la liberté de réunion pacifique et sans armes est un droit fondamental, tandis que les manifestations sur les voies publiques demeurent soumises à l’information préalable de l’autorité compétente, conformément à la loi.

Mais derrière la légitimité de la revendication démocratique, l’institution entrevoit le risque d’une journée assombrie par la violence. Elle dit avoir été alertée par diverses informations faisant état d’appels à prendre part à la marche avec des armes blanches, notamment des machettes. Sans se prononcer sur l’authenticité de ces éléments, la CNDH prévient que de tels appels, s’ils étaient confirmés, seraient en contradiction flagrante avec le caractère pacifique de la manifestation. Ils exposeraient les participants, les forces de sécurité, les passants et les biens publics et privés à des dangers considérables.

La Commission en appelle ainsi à la vigilance et au sens des responsabilités des organisateurs comme des manifestants. Elle les exhorte à bannir tout discours susceptible d’attiser la haine, la violence ou l’affrontement, et à s’abstenir de porter toute arme à feu ou arme blanche. Pour la CNDH, la rue ne saurait devenir le théâtre d’une confrontation où la revendication politique se paierait au prix de vies humaines, de destructions matérielles ou d’atteintes aux libertés d’autrui.

L’institution rappelle également aux pouvoirs publics leur responsabilité dans la préservation de l’ordre public et des droits fondamentaux. Elle invite le ministère de l’Intérieur, le gouverneur de la ville de Kinshasa et la Police nationale congolaise à privilégier l’anticipation et le dialogue plutôt que la seule réponse répressive. La sécurisation des itinéraires, la prévention de l’introduction d’armes et la mise en place d’un dialogue permanent avec les organisateurs figurent parmi les mesures préconisées. La CNDH insiste, en outre, sur le respect des principes de nécessité et de proportionnalité dans tout recours à la force.

La vigilance, souligne encore la Commission, ne devra pas s’éteindre au lendemain de la manifestation. Elle appelle à prévenir toute escalade susceptible de transformer des incidents isolés en violences généralisées, en représailles ou en arrestations arbitraires. Les éventuelles infractions devront être traitées dans le strict respect de la loi, insiste-t-elle, rappelant que la responsabilité pénale demeure individuelle et ne saurait être imputée indistinctement à l’ensemble des participants.

À travers cet appel, la CNDH souhaite que le 15 septembre reste inscrit dans le registre de l’expression démocratique plutôt que dans celui de la confrontation. Dans une République où la liberté de manifester constitue un acquis constitutionnel, l’institution rappelle que la paix ne peut être dissociée de l’exercice des droits. « Revendiquer pacifiquement est un droit ; préserver la paix et les droits d’autrui est un devoir », conclut son communiqué, comme une invitation à toutes les parties à faire prévaloir la raison, la retenue et le patriotisme.

La Reine Aminata Kitambala

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