
À l’occasion de la Journée mondiale de la protection de l’écosystème de la mangrove, célébrée chaque 26 juillet, l’attention est portée sur le Parc national des Mangroves de Moanda, unique parc national côtier de la République démocratique du Congo. Situé à l’estuaire du fleuve Congo, dans le territoire de Moanda (province du Kongo Central), cet espace protégé constitue un patrimoine écologique majeur dont la préservation est essentielle pour la biodiversité, les communautés locales et la lutte contre les changements climatiques.
Créé pour préserver l’un des écosystèmes les plus précieux du pays, le Parc national des Mangroves couvre une superficie d’environ 768 kilomètres carrés, selon les données de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN). Les mangroves, forêts qui se développent dans les eaux saumâtres et salées des zones côtières, jouent un rôle écologique déterminant. Elles limitent l’érosion du littoral, réduisent les effets des tempêtes, filtrent les sédiments et capturent d’importantes quantités de carbone. D’après l’ et l’, ces écosystèmes peuvent stocker jusqu’à quatre fois plus de carbone que les forêts tropicales terrestres.
Le parc abrite une biodiversité remarquable. Il constitue un refuge pour plusieurs espèces animales, notamment les lamantins, les tortues marines, les crocodiles ainsi que plus de soixante espèces d’oiseaux. Les mangroves servent également de zones de reproduction et de croissance pour de nombreuses espèces de poissons, de crevettes et de crabes, faisant de cet écosystème un maillon essentiel de la chaîne alimentaire et de la conservation de la faune aquatique.
Au-delà de son importance écologique, le Parc national des Mangroves joue un rôle socio-économique majeur pour les populations riveraines. Des milliers de familles vivant de la pêche artisanale, de la collecte des coquillages ou encore de l’artisanat dépendent directement des ressources qu’offre cet environnement. Certaines espèces végétales présentes dans les mangroves sont également utilisées dans la médecine traditionnelle, renforçant ainsi leur valeur culturelle et sanitaire.
Malgré cette richesse naturelle, le parc fait face à de nombreuses menaces. La coupe illégale du bois, la pollution des eaux, l’exploitation non durable des ressources naturelles, l’urbanisation ainsi que les effets du changement climatique fragilisent progressivement cet écosystème. Les spécialistes estiment que sans une gestion durable, ces pressions risquent d’entraîner une dégradation irréversible de ce patrimoine naturel exceptionnel.
Pour l’édition 2026 de la Journée mondiale de la protection de l’écosystème de la mangrove, le thème « Gérer durablement et restaurer les mangroves » rappelle l’urgence d’intensifier les efforts de conservation. Les autorités publiques, les organisations environnementales, les chercheurs, les communautés locales et les partenaires au développement sont appelés à renforcer leur collaboration afin de restaurer les zones dégradées, promouvoir une exploitation responsable des ressources et sensibiliser davantage les populations à l’importance des mangroves.
La protection du Parc national des Mangroves de Moanda dépasse le seul enjeu de la conservation de la nature. Elle constitue un investissement pour la sécurité alimentaire, la résilience climatique, la protection du littoral congolais et le développement durable des générations futures. Préserver cet écosystème revient à sauvegarder un patrimoine naturel d’importance nationale et mondiale.
Par La Reine Aminata Kitambala