
Le rapport annuel 2025 de Journaliste en Danger (JED) révèle que, malgré une diminution du nombre global de violations de la liberté de la presse en République démocratique du Congo, les assassinats et disparitions de journalistes continuent, sans qu’aucune enquête sérieuse n’ait abouti.
Des chiffres alarmants sous deux présidences
Selon JED, 15 journalistes ont été assassinés et 2 portés disparus durant les 17 années de pouvoir de Joseph Kabila (2001-2018). Sous Félix Tshisekedi (2019-2025), le bilan s’élève à 12 journalistes tués et 4 disparus. Ces données traduisent une persistance des violences graves contre les professionnels des médias, malgré un contexte politique différent.
Le rapport souligne une réduction notable du nombre total de violations : 2 006 cas recensés sous Kabila contre 214 sous Tshisekedi. Toutefois, cette amélioration statistique est ternie par l’absence de justice. Aucune enquête sérieuse n’a permis d’identifier ou de sanctionner les auteurs des crimes commis contre les journalistes.
JED rappelle que ces violences s’inscrivent dans un environnement national toujours dominé par l’instabilité sécuritaire et les tensions politiques. Les journalistes, souvent en première ligne pour couvrir les conflits, les abus de pouvoir ou les revendications sociales, restent exposés à des menaces constantes.
Face à ce constat, l’ONG appelle les autorités congolaises à mettre en place des mécanismes efficaces de protection des professionnels des médias et à garantir la fin de l’impunité. Pour JED, la liberté de la presse ne peut être réelle sans justice pour les victimes.
Emmanuel Kasereka bin Vikingi