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RDC : Face aux menaces sur les aires protégées, Les Écologistes RDC réclament un dialogue national

La conservation des aires protégées en République démocratique du Congo est confrontée à une pression croissante, entre expansion démographique, recherche de terres agricoles, exploitation minière et braconnage. Face à cette situation, Les Écologistes RDC plaident pour la tenue d’un dialogue national réunissant les différentes parties prenantes afin de repenser les mécanismes de conservation et de les adapter aux réalités environnementales et socioéconomiques actuelles.

Pour le coordinateur national des Écologistes RDC, Prince Kihangi, ces assises devraient permettre de dresser un diagnostic général de la conservation en RDC et d’identifier des réponses durables aux menaces qui fragilisent les écosystèmes protégés. « Nous devons faire un diagnostic général de la conservation et prendre des dispositions pour l’adapter au contexte évolutif actuel », estime-t-il. Il appelle ainsi à dépasser les approches exclusivement répressives et à s’intéresser davantage aux causes profondes des tensions entre les populations riveraines et les gestionnaires des aires protégées.

La RDC occupe, à cet égard, une position stratégique dans la lutte mondiale contre le changement climatique. Le pays détient près de 60 % des forêts du bassin du Congo et près de 10 % des forêts mondiales, faisant de son patrimoine forestier un immense réservoir de biodiversité et de carbone. « Voilà pourquoi on appelle la RDC un pays solution en matière de lutte contre les changements climatiques », rappelle Prince Kihangi. Mais cette richesse écologique contraste avec les difficultés considérables auxquelles sont confrontés les gestionnaires des aires protégées.

Sur le terrain, plusieurs espaces protégés font face à des menaces liées à l’installation de populations à la recherche de terres cultivables, mais aussi à l’exploitation minière et au braconnage. Pour Prince Kihangi, la réponse ne devrait pas se limiter à la répression. « Malheureusement, on ne cherche pas à savoir pourquoi, mais vite on recourt à la répression », déplore-t-il. Une telle approche, estime-t-il, nourrit les tensions, affecte négativement les efforts de conservation et contribue à donner une mauvaise réputation à la RDC dans le domaine de la protection de l’environnement.

Le parc national des Virunga constitue, selon Les Écologistes RDC, l’un des exemples les plus emblématiques de cette problématique. Créé en 1925 dans un contexte démographique profondément différent, le parc se trouve aujourd’hui confronté à une pression humaine considérablement accrue. « Tout a changé et tout doit être adapté », souligne Prince Kihangi. En un siècle, les besoins des populations ont augmenté dans presque tous les domaines : alimentation, énergie, habitat et accès à l’eau. Cette évolution démographique et socioéconomique impose une révision des mécanismes de conservation afin de mieux répondre aux réalités contemporaines.

L’enjeu dépasse ainsi la simple protection des limites physiques des parcs. Il concerne la préservation des forêts, de la faune, de la flore, des ressources hydriques et des équilibres écologiques indispensables à la lutte contre le changement climatique. Une conservation durable devrait également tenir compte des besoins des communautés riveraines et favoriser des alternatives économiques susceptibles de réduire leur dépendance aux ressources naturelles. La participation communautaire, la gouvernance locale, la prévention des conflits et le renforcement des capacités des gestionnaires constituent, dans cette perspective, des leviers essentiels pour protéger durablement le patrimoine naturel congolais.
C’est dans cette optique que Les Écologistes RDC demandent à la Première ministre l’organisation d’un dialogue national sur la conservation, réunissant les acteurs étatiques et non étatiques concernés. « Notre demande est d’organiser un dialogue qui réunirait toutes les parties prenantes afin de faire un diagnostic général de la conservation », insiste Prince Kihangi. Ces assises devraient permettre de dégager des solutions capables de concilier protection de la biodiversité, lutte contre le changement climatique, sécurité des espaces protégés et besoins légitimes des communautés. Pour Les Écologistes RDC, l’avenir des aires protégées congolaises dépend désormais de la capacité du pays à passer d’une conservation essentiellement défensive à une approche plus participative, inclusive et adaptée aux transformations de la société.

Emmanuel Kasereka bin Vikingi

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