
À l’approche de la rentrée scolaire du 1er septembre 2026, le gouvernement congolais adapte son dispositif éducatif aux contraintes sanitaires liées à Ebola. Dans les zones à haut risque, un enseignement à distance « léger » sera mis en place afin d’éviter une rupture des apprentissages.
A quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, prévue le mardi 1er septembre, les autorités congolaises annoncent une réponse exceptionnelle pour les élèves vivant dans les zones particulièrement exposées à l’épidémie d’Ebola. La ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga, a annoncé, mardi 18 août 2026 à Kinshasa, la mise en place d’un dispositif d’« enseignement à distance léger ».
Cette mesure a été dévoilée lors d’un briefing de presse organisé conjointement avec le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement. Elle s’inscrit dans la volonté des autorités de préserver la continuité des enseignements tout en tenant compte des impératifs sanitaires dans les zones où le risque de propagation du virus demeure élevé.
Pas besoin d’Internet ni d’équipements coûteux
Contrairement aux modèles classiques d’enseignement à distance, le dispositif présenté par Raïssa Malu se veut avant tout simple, accessible et adapté aux réalités des familles congolaises.
La ministre a précisé que les élèves concernés ne devront disposer ni d’une connexion Internet, ni d’ordinateurs, tablettes ou autres équipements technologiques coûteux. Le gouvernement entend plutôt privilégier des moyens pédagogiques disponibles et accessibles au plus grand nombre.
Le dispositif reposera notamment sur des cahiers d’exercices ciblés, conçus autour des matières fondamentales du programme scolaire. Ces supports seront imprimés puis distribués directement aux élèves afin de leur permettre de poursuivre leurs apprentissages depuis leur domicile.
À cela s’ajouteront des émissions éducatives radiodiffusées, destinées à accompagner les enfants dans l’utilisation des supports pédagogiques, à expliquer certaines notions et à maintenir un lien régulier avec l’apprentissage scolaire.
Maintenir les enfants dans la dynamique scolaire
Pour le ministère de l’Éducation nationale, l’objectif n’est pas de reproduire intégralement l’enseignement dispensé dans les salles de classe, mais de garantir aux élèves un socle minimum de connaissances et d’activités pédagogiques durant cette période particulière.
« L’objectif est de maintenir l’enfant en activité à la maison et de ne pas le déconnecter de l’école en lui donnant le savoir essentiel », a expliqué Raïssa Malu Dinanga.
La ministre reconnaît toutefois les limites d’un tel système. L’enseignement à distance, même sous une forme allégée, ne saurait remplacer totalement l’interaction entre l’enseignant et l’élève, ni les conditions habituelles d’apprentissage en classe.
Cette décision intervient dans un contexte où la rentrée scolaire se prépare sous une vigilance accrue dans les zones touchées ou menacées par Ebola. Les autorités cherchent ainsi à trouver un équilibre entre le droit à l’éducation des enfants et la nécessité de réduire les risques sanitaires.
Le recours aux cahiers imprimés et à la radio permet également de tenir compte des réalités socio-économiques des familles, notamment dans les milieux où l’accès à l’électricité, à Internet ou aux outils numériques demeure limité.
La mise en œuvre effective de ce dispositif nécessitera toutefois une organisation rigoureuse, notamment pour l’impression et l’acheminement des cahiers, leur distribution aux élèves ainsi que la programmation des émissions éducatives.
À travers cette stratégie, le gouvernement veut éviter que les perturbations liées à l’épidémie ne se transforment en une interruption prolongée de la scolarité. Dans les zones à haut risque, l’école devra donc, au moins temporairement, s’adapter aux contraintes sanitaires pour continuer à transmettre le savoir.
La rentrée du 1er septembre 2026 s’annonce ainsi particulière pour les communautés concernées, avec un modèle éducatif adapté à la situation sanitaire et centré sur la continuité des apprentissages.
Elie Mariboyi