
Annoncé le 17 juillet 2026 par le Président Félix Tshisekedi, le _ »dialogue national inclusif et républicain »_ devait consolider la cohésion nationale. Mais deux semaines plus tard, l’initiative semble déjà bloquée.
Le contexte n’aide pas. Mi-juin, l’adoption d’une loi sur le référendum a ravivé les soupçons d’un 3ème mandat. Dans ce climat, le pouvoir propose un dialogue _ »sous conduite des institutions, sans médiation étrangère »_. L’objectif affiché : l’union face à la guerre dans l’Est. Ligne rouge : exclure toute personne accusée de complicité avec le M23.
En face, l’opposition dit non au format.
Ensemble pour la République de Moïse Katumbi exige un médiateur neutre et un ordre du jour centré sur les réformes électorales.
LAMUKA de Martin Fayulu parle de _ »monologue déguisé »_ et réclame des garanties sur l’indépendance de la CENI et de la Cour constitutionnelle.
Envol de Delly Sesanga va plus loin et dénonce un _ »simulacre »_ tant que la question de la révision constitutionnelle n’est pas posée.
Résultat : plusieurs partis annoncent déjà qu’ils ne répondront pas à l’invitation.
Entre les deux, la CENCO accueille l’idée mais reste prudente. Le cardinal Ambongo parle de modalités à préciser _ »chemin faisant »_. La société civile est divisée : certains veulent le dialogue pour éviter l’embrasement, d’autres craignent qu’il serve à faire passer la révision constitutionnelle.
Au fond, 3 blocages empêchent le dialogue d’avancer :
1. Le médiateur : Le pouvoir veut que les institutions congolaises conduisent le dialogue. L’opposition exige un médiateur neutre pour garantir l’équité.
2. L’ordre du jour : Pour le pouvoir, il faut parler de cohésion nationale. Pour l’opposition, la priorité c’est les réformes électorales et la question de la Constitution.
3. Les invités : Le pouvoir veut exclure ceux qu’il accuse de complicité avec le M23. L’opposition réclame une table ouverte à tous les Congolais.
À ce stade, sans concessions du pouvoir, le risque est grand : un dialogue _ »entre soi »_ au sein de l’Union sacrée, qui n’apaisera ni la rue ni la crise de légitimité.
La balle est désormais dans le camp du Président.
La Reine Aminata Kitambala