
Une mesure administrative prise le 21 août 2026 vise des professeurs, chefs de travaux, assistants et autres membres du personnel accusés, selon une commission mixte, d’avoir rejoint l’AFC/M23, de lui avoir prêté allégeance ou d’avoir accepté d’exercer des fonctions sous son autorité.
Le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation a ordonné la suspension immédiate des rémunérations de 48 membres de son personnel, à la suite des conclusions d’une commission mixte chargée d’examiner leur situation administrative. La décision, contenue dans une correspondance datée du 21 août 2026 et adressée aux secrétaires généraux concernés, intervient dans un contexte marqué par les tensions sécuritaires et politiques persistantes dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon le document ministériel, les personnes concernées auraient, d’après les conclusions de la commission, rejoint le mouvement AFC/M23, lui auraient prêté allégeance ou auraient accepté d’exercer des fonctions sous son autorité. Le ministère précise que cette mesure intervient parallèlement à une procédure de révocation engagée à leur encontre, établissant ainsi une distinction entre la suspension des rémunérations et la procédure administrative susceptible d’aboutir à leur révocation.
La ministre Sombo Ayanné Safi Mukuna Marie-Thérèse a instruit les services compétents de prendre toutes les dispositions nécessaires afin d’interrompre immédiatement le paiement des rémunérations des intéressés. Les autorités administratives doivent également procéder à leur désactivation des listings de paie et transmettre les instructions nécessaires aux services chargés de la liquidation et du paiement. Un rapport sur les mesures prises pour assurer l’exécution de cette décision est également attendu dans les meilleurs délais.
L’annexe de la correspondance établit une liste de 48 personnes réparties en plusieurs catégories. Elle comprend 28 professeurs, parmi lesquels Jaribu Mulivyayo, Gahamanyi Niyonzima, Balege Rugunduka Stanislas, Ndayazi Byemero Désiré, Kambale Nyondo Jean-Pierre, Kambale Mondo, Twizere Bakunda, Buta Balingene, Tcheta Bampa Albert, Kambale Mukwemulere, Somora Patrick et Balingamwabo Tulinabo Christian. La liste mentionne également douze chefs de travaux, trois assistants ainsi que cinq autres personnes relevant de différentes qualités administratives.
Le ministère justifie la mesure par la gravité des faits reprochés et par la nécessité de ne pas attendre l’aboutissement de la procédure de révocation engagée contre les intéressés. Toutefois, le document consulté ne détaille pas les circonstances individuelles propres à chacun des 48 membres du personnel ni les éléments de preuve retenus contre eux. Il ne précise pas non plus la durée de la suspension des rémunérations.
À ce stade, la décision porte donc sur le paiement des rémunérations, tandis que la procédure de révocation constitue une démarche administrative distincte dont l’issue n’est pas précisée dans la correspondance. Cette distinction demeure importante, le document ne fournissant pas davantage d’informations sur les suites individuelles réservées aux personnes visées.
Signée à Kinshasa le 21 août 2026, la correspondance porte la signature de la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Prof. Dr Sombo Ayanné Safi Mukuna Marie-Thérèse. La mesure traduit la volonté des autorités de tirer des conséquences administratives des conclusions de la commission mixte, dans un contexte où les institutions publiques sont particulièrement attentives aux liens présumés de leurs agents avec les structures liées à l’AFC/M23.
Elie Mariboyi