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RDC : 19 mois d’arriérés des Conseillers communaux, une alerte grave pour la démocratie locale (Amzati Lomami)

Alerte rouge.

Dix-neuf mois sans rémunération : tel est le quotidien préoccupant des Conseillers communaux en République démocratique du Congo. Une situation qui dépasse le simple retard administratif et soulève de sérieuses interrogations sur la volonté politique réelle de consolider la gouvernance locale et d’assurer le renouvellement de la classe politique.

Selon plusieurs sources politiques, il s’agit d’un scénario désormais clair. Sous couvert de rigueur budgétaire, certains membres du Gouvernement, appuyés par des députés nationaux lors du vote du budget, rejettent systématiquement la rubrique « Frais de fonctionnement » (F.F) et les émoluments des organes délibérants locaux. Une démarche qui, loin d’être anodine, freine l’émergence et le renouvellement de la classe politique à la base, précise un élu municipal contacté depuis la ville de Bukavu sous couvert d’anonymat.

Des lignes budgétaires créées… mais sans effet concret. Bien qu’une ligne minimale des frais de fonctionnement ait été inscrite tant au niveau des Entités Territoriales Décentralisées (ETD) qu’au ministère de l’Intérieur, l’exécutif national continue de bloquer les paiements, rendant ces dispositions purement symboliques.

Mépris et asphyxie politique

Cette inertie volontaire alimente le soupçon d’une stratégie délibérée, désormais perceptible par tous les acteurs du terrain. Le non-paiement prolongé des Conseillers communaux traduit une négligence institutionnelle préoccupante, voire un mépris à l’égard des élus légitimes du peuple. Privés de leurs moyens élémentaires, ces élus locaux ne peuvent exercer pleinement leur mandat ni représenter efficacement leurs bases.

Les multiples manœuvres dilatoires observées visent à épuiser, décourager et neutraliser les acteurs du changement au niveau local.

Une menace directe pour le renouvellement politique. Cette situation apparaît de plus en plus comme une machination savamment entretenue pour étouffer la montée politique des élus de proximité et bloquer toute dynamique de renouvellement de la classe politique en RDC.

Une promesse restée lettre morte

Le conseiller communal Amzati Lomami Winston, l’un des élus dynamiques de la ville de Goma, tire la sonnette d’alarme. Il rappelle que le président de la République avait promis une réponse à cette préoccupation d’ici fin 2024. Pourtant, à ce jour, les élus municipaux restent patients, sans aucun succès.

Ces élections, initialement prévues dans les villes provinciales, ont été repoussées dans d’autres localités à des dates ultérieures, aggravant la situation et l’impatience légitime des élus.

Conclusion : l’urgence d’une réponse responsable

Face à cette crise silencieuse mais grave, l’État est interpellé. 

Le paiement immédiat des arriérés des Conseillers communaux n’est pas une faveur, mais une obligation républicaine. Ignorer cette alerte, c’est fragiliser davantage la décentralisation, saper la confiance des citoyens et compromettre l’avenir démocratique du pays.

Alerte rouge : la démocratie locale congolaise est en danger.

Par Kaleru Samuel, Butembo

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