RADIO BEROYA FM

dimanche, janvier 18News That Matters
Shadow

Quatre ans d’État de siège en Ituri et au Nord-Kivu: les habitants crient leur désespoir

Le 6 mai 2025 marque le quatrième anniversaire de l’instauration de l’état de siège dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Cette mesure exceptionnelle, prise par le président Félix Tshisekedi pour rétablir la paix dans l’Est de la RDC, suscite de plus en plus de critiques au sein des populations locales qui dénoncent son inefficacité.

Lancé en mai 2021, l’État de siège remplaçait les autorités civiles par des autorités militaires dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. L’objectif affiché était clair : neutraliser les groupes armés et protéger les populations civiles. Quatre ans plus tard, de nombreux habitants estiment que la situation s’est aggravée.

À Kirumba, dans le territoire de Lubero, Jonas Nguomoja ne cache pas sa déception.

« Voici quatre ans que nous souffrons. La province du Nord-Kivu ne compte plus que deux villes principales, Butembo et Beni. Les autres entités sont désormais occupées par les éléments du M23. Les massacres continuent en Ituri. Nous ne comprenons pas ce qui se cache derrière cet état de siège », témoigne-t-il avec amertume.

Une mesure critiquée, des attentes non comblées

Pour beaucoup, cette mesure exceptionnelle n’a pas tenu ses promesses. Au lieu de restaurer la paix, elle a coïncidé avec une recrudescence des violences, notamment l’expansion du M23 au Nord-Kivu et les tueries persistantes en Ituri.

Jonas Nguomoja appelle les autorités congolaises à reconsidérer cette décision :

« Nous attendions la restauration de la paix, mais notre gouvernement et nos députés nous ont abandonnés. Pourquoi maintenir une mesure qui a échoué ? Nos représentants prennent-ils encore le temps d’examiner son efficacité ? Nous demandons que la gestion de ces provinces revienne aux civils. Cela pourrait nous aider. »

Une revendication populaire ignorée

Depuis 2021, la société civile, des leaders communautaires et plusieurs élus n’ont cessé de plaider pour la levée de l’état de siège, sans obtenir gain de cause. Chaque année, des manifestations pacifiques sont organisées dans plusieurs villes pour demander la fin de cette gouvernance militaire.

Malgré les critiques, le gouvernement congolais continue de proroger cette mesure tous les quinze jours, affirmant qu’elle reste nécessaire pour faire face à l’insécurité persistante.

Mais sur le terrain, la population n’y croit plus. Les habitants du Nord-Kivu et de l’Ituri, exaspérés, espèrent que cette date anniversaire sera l’occasion d’une évaluation sérieuse et d’un changement de cap en faveur de solutions politiques et durables.

Elvine Malimbo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *