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PROCESSUS DE DOHA : Une feuille de route pour l’Est, mais Ituri reste dans l’attente

Retraite d’évaluation du 17 au 21 août en Suisse entre Kinshasa et l’AFC/M23 : des avancées sur le cessez-le-feu, mais aucun protocole concret pour les groupes armés locaux d’Ituri.

Pendant cinq jours, du 17 au 21 août, le gouvernement congolais et AFC/M23 se sont retrouvés en Suisse, dans le cadre du processus de Doha. Objectif : évaluer l’Accord-cadre signé en novembre 2025 et relancer un processus de paix enlisé.

À l’issue de la rencontre, facilitée par le Qatar, les États-Unis, le Togo, l’Union Africaine et la Suisse, une feuille de route a été adoptée. Elle prévoit un calendrier pour finaliser les protocoles restants de l’accord et surtout, la mise en place effective du Mécanisme Conjoint de Vérification Elargi Plus (MCVE+), chargé de surveiller le cessez-le-feu.

Le MCVE+ vient de franchir une étape : son secrétariat est installé, une mission de reconnaissance a été menée le 20 août avec l’appui de la MONUSCO, et une première mission de vérification est annoncée à Minembwe, dans le Sud-Kivu.

Une avancée saluée par l’ONU, mais avec prudence. Tom Fletcher, patron des affaires humanitaires à l’ONU, rappelle : « Le plus difficile reste à faire : transformer les engagements en réalité ».

Et Ituri dans tout ça ?

C’est la question qui fâche. Sur le terrain, à Irumu, Komanda ou Djugu, les populations n’ont rien vu venir. Aucun protocole concernant le DDR des groupes armés locaux – CODECO, Zaire, et autres – n’a été finalisé. Aucune mention claire sur la justice pour les victimes des massacres récurrents, ni sur le retour sécurisé des déplacés internes qui sont des milliers dans le territoire.

Pour l’Ituri, qui paie pourtant le plus lourd tribut aux violences avec plus de 600 violations des droits humains documentées en juin seulement, cette rencontre de Suisse ressemble à un dialogue entre deux acteurs, alors que le conflit est multiforme.

« On parle de paix à Minembwe, c’est bien. Mais qui parle de paix pour Shari, pour Ofai, pour Komanda ? », confie un leader communautaire d’Irumu contacté par notre rédaction.

En attendant que la feuille de route de Doha arrive jusqu’aux collines d’Irumu, les communautés restent suspendues entre espoir et désillusion.

Notons que la composition exacte de la délégation gouvernementale n’a pas été rendue publique, la rencontre s’étant tenue sous le sceau de la confidentialité. Selon le communiqué conjoint, seuls les ‘représentants du gouvernement congolais’ y ont pris part, aux côtés des médiateurs internationaux.

La Reine Aminata Kitambala

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