
La pollution plastique est devenue un enjeu majeur pour la santé publique et l’environnement. Invité de l’émission Écho de la Terre sur Beroya FM le weekend dernier, Nyebone Faustin, directeur exécutif national de l’AICED, a expliqué comment les plastiques affectent l’organisme humain, en mettant en lumière les risques particuliers pour les femmes.
Selon lui, la compréhension de ces dangers commence par l’origine du plastique. Issu du pétrole, une substance noire et hautement inflammable à l’état brut, il est transformé par des procédés industriels en matériaux solides et résistants. Ces derniers servent à fabriquer des objets du quotidien tels que sacs, bouteilles et emballages. Pour améliorer leurs propriétés, les industriels ajoutent divers additifs chimiques — retardateurs de flamme, stabilisants, colorants — qui peuvent présenter des risques pour la santé.
Lorsqu’un aliment chaud est placé dans un récipient en plastique, certaines molécules migrent vers la nourriture et sont ensuite ingérées. De plus, avec le temps, les plastiques libèrent des fragments microscopiques, appelés microplastiques et nanoplastiques, désormais détectés dans l’air, l’eau et même dans le corps humain. Ces particules pénètrent par ingestion, inhalation ou contact cutané, entraînant des risques d’intoxication.
Nyebone Faustin souligne que les femmes sont particulièrement vulnérables. Leur peau, souvent plus fine, facilite l’absorption de substances chimiques. Certains organes comme l’utérus ou les tissus mammaires peuvent devenir des zones d’accumulation toxique. Des études ont même révélé la présence de particules plastiques dans le placenta, preuve que ces polluants atteignent des zones sensibles.

Les produits d’hygiène féminine sont également concernés. Serviettes hygiéniques et protections menstruelles contiennent souvent des composants plastiques et des substances comme les phtalates ou le bisphénol, considérés comme des perturbateurs endocriniens. L’usage répété de ces produits peut ainsi perturber l’équilibre hormonal.
Face à ces constats, le directeur exécutif de l’AICED appelle à renforcer la sensibilisation. Il recommande de réduire l’usage du plastique pour les aliments chauds, de limiter le brûlage des déchets plastiques et de promouvoir des alternatives plus respectueuses de la santé et de l’environnement.
Espérance BYAMUNGU
