
La lutte contre la pêche illicite se poursuit sur les eaux du lac Albert, dans le territoire d’Irumu, en Ituri. À Kasenyi, dans le secteur de Bahema Sud, plus de 400 matériels de pêche prohibés ont été saisis puis détruits par incinération au cours des dernières semaines.
Selon deux procès-verbaux de l’Unité de Surveillance du lac Albert consultés par notre rédaction, 110 filets de différents types ainsi que 264 hameçons ont été incinérés le 11 août 2026.
Parmi les matériels détruits figurent notamment des filets monofilaments, des filets sennes, des moustiquaires et des anneaux, considérés comme interdits par la réglementation en vigueur.
Présent lors de l’une des opérations d’incinération, le colonel Siro Nsimbа Bunga Jean, administrateur militaire du territoire d’Irumu, a réaffirmé la détermination des autorités à lutter contre les pratiques de pêche susceptibles de menacer les ressources halieutiques du lac Albert.
« Nous ne pouvons pas accepter que quelques individus détruisent l’avenir de toute une communauté par des pratiques de pêche non durables. La destruction de ces matériels est un message fort. Mais la répression seule ne suffit pas », a-t-il déclaré.
L’administrateur militaire appelle également à une implication accrue des communautés locales, notamment des chefs coutumiers, des leaders d’opinion et des pêcheurs.
« J’appelle les chefs coutumiers, les leaders d’opinion et les pêcheurs eux-mêmes à s’impliquer. Le lac Albert nourrit des milliers de familles. Si nous ne le protégeons pas aujourd’hui, nos enfants n’auront plus rien demain », a-t-il insisté.
Un cadre légal
Les opérations de saisie et de destruction des matériels prohibés s’appuient notamment sur le Décret royal du 23 avril 1937, la loi n° 11/009 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement ainsi que l’arrêté provincial n° 01/026/JAPM/CAP/PROGOU/PI/2016 portant réglementation de la pêche et de l’aquaculture en Ituri.
Selon l’Unité de Surveillance du lac Albert, ces opérations visent à décourager l’utilisation des équipements considérés comme destructifs pour les ressources halieutiques, notamment en raison de leur impact sur les poissons juvéniles.
Au-delà des saisies et des destructions, les autorités insistent sur la nécessité de sensibiliser les pêcheurs afin de favoriser le respect des règles en vigueur.
« Nous devons expliquer aux pêcheurs pourquoi ces filets tuent le lac. Quand la communauté comprend, elle devient elle-même gardienne du lac », a conclu le colonel Siro Nsimbа Bunga Jean.
La lutte contre la pêche illicite à Kasenyi repose ainsi sur deux axes : l’application de la réglementation et la sensibilisation des communautés dépendantes des ressources du lac Albert.
La Reine Aminata Kitambala