
Le chef de l’opposition ougandaise, Bobi Wine, a confirmé avoir quitté son pays après l’élection contestée de janvier. Il affirme craindre pour sa vie face aux menaces du régime du président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis près de quarante ans.
Le chef de l’opposition ougandaise, Bobi Wine, a confirmé qu’il avait quitté le pays après l’élection controversée de janvier, affirmant qu’il craignait d’être tué.
S’exprimant dans l’émission de nos confrères de Newshour depuis un lieu tenu secret, après deux mois passés dans la clandestinité, il a déclaré : « Il était évident que le régime voulait m’éliminer. »
L’ancien chanteur de pop devenu homme politique avait déjà annoncé son exil dans une vidéo publiée sur le réseau X. Dans cette vidéo, il a répété ses accusations selon lesquelles l’élection aurait été truquée pour assurer la victoire du président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986.
Museveni, âgé de 81 ans, a été proclamé vainqueur avec 72 % des voix et a accusé ses opposants de vouloir renverser les résultats par la violence.
Wine, 44 ans, de son vrai nom Robert Kyagulanyi Ssentamu, a confié à la BBC que durant sa clandestinité, il avait été hébergé et soutenu par ses partisans : « Ils m’ont donné de la nourriture, des vêtements et tout le reste. »
Il a affirmé que Museveni avait tenté à plusieurs reprises de le tuer et que le fils du président l’avait menacé ouvertement. Le général Muhoozi Kainerugaba, chef de l’armée ougandaise, avait déclaré que Wine était « recherché mort ou vif », sans préciser de charges, et avait même proféré des menaces de mutilation. Le message a ensuite été supprimé de son compte X.
Des responsables gouvernementaux ont nié que les forces de sécurité le recherchaient. La BBC a sollicité un commentaire de la police.
Wine a ajouté : « Même si je suis hors d’Ouganda, je ne suis pas en sécurité, car je sais que le régime traque ses ennemis politiques partout où ils se trouvent. » Il a refusé de donner des détails sur son départ afin de protéger ceux qui l’ont aidé.
Il a précisé que sa famille avait quitté le pays « bien avant lui », mais s’est dit inquiet pour les membres de son parti, la National Unity Platform, restés en Ouganda, notamment sa vice-présidente Lina Zedriga, qu’il a désignée comme dirigeante intérimaire.
« Elle dirigera depuis l’Ouganda tandis que moi je continuerai à donner des orientations depuis l’étranger », a-t-il expliqué.
Wine a exprimé son souhait de revenir en Ouganda, assurant que son départ n’était que temporaire.
La vidéo publiée samedi sur X marquait sa première apparition publique depuis plusieurs semaines. Il y appelait à des sanctions internationales ciblées contre Museveni.
Il a accusé les autorités de multiplier les descentes dans les maisons de ses partisans, y compris lors d’un raid récent jeudi, et de dresser des barrages routiers à travers le pays. Sa résidence de Kampala resterait encerclée par l’armée depuis le jour du scrutin.
Il a rejeté toute accusation de délit : « Se présenter à l’élection présidentielle n’est pas un crime. »
Après les manifestations contre les résultats, Kainerugaba – considéré comme l’héritier politique de son père – avait affirmé que 30 « terroristes » issus du parti de Wine avaient été tués.
Emmanuel kasereka Bin Vikingi