
Face à la persistance de l’insécurité et à la recrudescence de diverses maladies à Butembo, dans la province du Nord-Kivu, le Mouvement Rasta Ouran propose une réflexion fondée sur l’identité culturelle, l’authenticité et l’éducation, qu’il présente comme des leviers de transformation sociale.
À Butembo, dans la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, les préoccupations liées à l’insécurité et aux problèmes sanitaires continuent d’alimenter les inquiétudes au sein de la population. Face à cette situation, le Mouvement Rasta Ouran propose une lecture qui dépasse les seules dimensions matérielles des crises et met l’accent sur les fondements spirituels, identitaires et culturels de la société.
Selon le Guide suprême du mouvement, la perte des repères culturels constitue l’un des facteurs qui fragilisent les communautés. Pour lui, la première réponse réside dans la redécouverte de l’identité culturelle : savoir qui l’on est, d’où l’on vient et vers où l’on veut aller. Cette démarche devrait notamment passer par le dialogue avec les parents, les grands-parents et les générations précédentes afin de mieux comprendre l’héritage et les valeurs transmis.
Le mouvement s’appuie également sur une référence biblique tirée du livre du Deutéronome, qui invite à se souvenir des jours anciens et à interroger les générations précédentes. À travers cette approche, Rasta Ouran encourage les familles à rechercher auprès de leurs aînés les enseignements, les principes et les valeurs qu’elles considèrent comme essentiels à la cohésion de la communauté.
La deuxième piste avancée concerne la prise de conscience de l’authenticité. Pour le Mouvement Rasta Ouran, revenir chacun à sa culture représente une valeur qui dépasse la seule dimension culturelle : il s’agit également, selon lui, d’une valeur africaine susceptible de contribuer à faire face aux défis auxquels les communautés sont confrontées. La connaissance et la valorisation des traditions sont ainsi présentées comme des moyens de renforcer les repères, la responsabilité collective et la cohésion sociale.
La troisième solution mise en avant est l’éducation culturelle. Le Guide suprême du mouvement considère l’éducation comme un instrument essentiel dans la lutte contre les fléaux sociaux. Il insiste notamment sur le respect des autorités, des parents et de la dignité humaine. Dans cette perspective, le retour aux valeurs culturelles doit s’accompagner du respect des orientations et des décisions des personnes investies d’une autorité, afin de favoriser l’ordre, la responsabilité et la cohésion au sein de la communauté.
À travers ces trois axes — identité culturelle, conscience de l’authenticité et éducation culturelle — le Mouvement Rasta Ouran appelle ainsi à un retour aux valeurs qui, selon lui, ont longtemps structuré les sociétés africaines. Il défend notamment une éducation permettant à chacun de mieux assumer son identité bantoue, africaine et indigène, tout en considérant l’enracinement culturel, le respect de l’autorité et la transmission intergénérationnelle comme des pistes de réflexion face aux défis sécuritaires et sanitaires actuels.
La Rédaction