
Après plusieurs jours de silence numérique imposé par la guerre, la connexion internet a été partiellement rétablie dans le Nord-Kivu. Mais pour Placide Itula, figure du mouvement citoyen Lucha, ce retour ne suffit pas : il exige réparation et transparence pour des abonnés doublement victimes, privés de réseau et de leurs droits numériques.
Après des jours d’interruption forcée, les habitants de certaines zones de l’Est de la République démocratique du Congo ont retrouvé l’accès à internet. Si le soulagement est palpable, la question des responsabilités reste entière. Placide Itula, activiste du mouvement citoyen Lucha, interpelle les opérateurs de télécommunications et les autorités publiques sur les préjudices subis par les abonnés.
Le mardi 17 février 2026, les réseaux Airtel, Orange et Africell ont rétabli la connexion dans les zones assiégées par les rebelles du M23. Vodacom, en revanche, peine encore à assurer une stabilité convenable, selon des sources locales, laissant une partie des usagers dans l’incertitude.
Pour Placide Itula, cette situation illustre l’absence de considération pour les droits numériques des citoyens. La coupure prolongée a eu des conséquences directes : des forfaits expirés sans utilisation, des projets professionnels compromis, des candidatures annulées faute d’entretiens en ligne. Autant de pertes financières et d’opportunités qui aggravent la vulnérabilité des populations déjà frappées par la guerre.
« La population ne doit pas être doublement victime, à la fois de la guerre et de l’appauvrissement numérique », insiste l’activiste, qui exige des explications claires de la part des opérateurs.
Il appelle également les autorités politiques et régulatrices à mettre en place des mécanismes de compensation et de protection des abonnés. Selon lui, seule une démarche de réparation et de transparence permettra de restaurer la confiance et de garantir que les droits numériques ne soient plus sacrifiés dans un contexte de crise.
La rédaction
