
La célébration du Nouvel An à Ruwenzori, territoire de Beni, a révélé un climat festif marqué par des dérives inquiétantes sur le plan moral et sanitaire.
Le 1er janvier 2026, le chef-lieu du secteur de Ruwenzori dans le territoire de Beni au Nord-Kivu a vibré au rythme de la célébration du Nouvel An. Si l’ambiance était euphorique, le spectacle offert dans les rues et les lieux de loisirs suscite de vives inquiétudes quant à la moralité et à la santé publique.
Lors d’une ronde effectuée entre 18h et 21h, le constat était frappant. Dans plusieurs coins de la cité, de nombreux couples s’affichaient dans des postures suggestives, s’adonnant à des gestes d’intimité explicites en plein espace public. Plus inquiétant encore : la présence massive de mineurs, garçons et filles de moins de 15 ans, participant activement à ces réjouissances débridées.
Dans les établissements de loisirs, l’ambiance était électrique. Musique à fond et danse ont rythmé la soirée, mais c’est surtout la gestion de la libido qui semblait dominer les festivités.
Plusieurs hôtels de la place, sous couvert d’anonymat, ont confirmé avoir affiché complet, les chambres étant occupées par une clientèle venue essentiellement pour des rencontres sexuelles.
Bien que les bilans officiels ne soient pas encore disponibles, on peut déjà redouter les retombées de ces comportements à risque : une recrudescence de grossesses non désirées et une augmentation des cas de maladies sexuellement transmissibles chez les jeunes.
Pourtant, le passage à la nouvelle année devrait marquer une frontière symbolique entre le passé et l’avenir. C’est normalement un moment privilégié pour faire le bilan de l’année écoulée, tourner la page sur ses échecs, nourrir de nouveaux espoirs et se donner une seconde chance.
Cette période devrait être consacrée à la réconciliation, à la purification, à la prière et à la solidarité. Malheureusement, la fête est devenue pour beaucoup une occasion de débauche, de perte de virginité précoce et de consommation excessive. Il est temps de réagir : « Changeons de comportement, chers jeunes africains ! » La fête ne doit pas être synonyme d’autodestruction.
Par Nzangura Kwavingston