
Confrontés à une insécurité persistante et à des pressions fiscales imminentes, les opérateurs économiques de Beni appellent la Première Ministre Judith Suminwa à prolonger le décret d’allègement fiscal et douanier. Ils estiment que cette mesure est vitale pour la survie de leurs activités et la reconstruction d’une région meurtrie par les violences armées.
La Plateforme des Associations des opérateurs économiques de Beni ville et territoire a adressé une lettre à la Première Ministre, Cheffe du Gouvernement, pour solliciter la prorogation du décret n°24/17 du 21 novembre 2024. Ce texte, qui expire le 21 novembre 2025, avait instauré des allègements fiscaux, douaniers et des recettes non fiscales en faveur des opérateurs économiques œuvrant dans les provinces sous état de siège. Selon eux, cette mesure a permis de réduire les tracasseries administratives et d’atténuer les souffrances des populations locales.
Malgré ce dispositif, la situation sécuritaire reste dramatique. Les attaques des ADF continuent de décimer les civils dans les territoires de Beni et Lubero, avec incendies de véhicules, boutiques et marchandises. Parallèlement, les rebelles du M23 occupent plusieurs zones stratégiques, dont la ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. Dans ce climat, les activités économiques ne survivent que pour la subsistance, sans perspectives de croissance.
Les opérateurs économiques redoutent que l’expiration du décret ouvre la voie à une reprise des tracasseries fiscales et douanières. « Tous les services fiscaux n’attendent que la date butoir pour venir coincer les opérateurs », alerte l’un des signataires. La plateforme insiste sur l’empathie que le gouvernement doit manifester envers les populations meurtries et demande la prorogation du décret afin de préserver un minimum de stabilité économique.
En sollicitant la prolongation des allègements fiscaux, les opérateurs économiques de Beni rappellent que la survie de leurs activités est intimement liée à la sécurité et à la solidarité gouvernementale. Leur appel traduit l’urgence d’un accompagnement institutionnel dans une région où l’économie est constamment fragilisée par la violence armée.
Romulus Nzalumbo