
Dans le groupement Isale Bulambo, au Nord-Kivu, les femmes refusent désormais de se taire face aux discriminations et abus qui minent leur dignité. Privées d’héritage, écartées du travail et exposées aux grossesses précoces, elles s’organisent pour briser le silence et réclamer leurs droits.
Le groupement Isale Bulambo, en chefferie de Bashu, territoire de Beni, est aujourd’hui le théâtre d’un constat alarmant : de nombreuses femmes y sont victimes de violences basées sur le genre.
Madame Defrose Kanduvula, parajuriste au bureau des Femmes Juristes pour les Droits de la Femme et de l’Enfant (FJDF), a révélé cette situation lors d’une interview exclusive accordée le mercredi 7 janvier 2026.
Selon elle, les cas les plus fréquents concernent la privation du droit à l’héritage, une pratique qui fragilise l’autonomie économique des femmes et perpétue leur dépendance.
À cela s’ajoute le refus du droit au travail, notamment pour les femmes mariées ou déjà occupées, une discrimination qui limite leur contribution sociale et financière.
Les grossesses précoces figurent également parmi les réalités les plus préoccupantes, compromettant l’avenir scolaire et professionnel des jeunes filles et accentuant leur vulnérabilité.
Pour éradiquer ce fléau, madame Defrose Kanduvula appelle les femmes à participer activement aux séances de sensibilisation organisées par le FJDF et d’autres acteurs de la société civile.
Ces rencontres visent à renforcer la connaissance des droits, encourager la dénonciation des abus et mobiliser la communauté autour de l’égalité et de la dignité des femmes.
Tida Warangasi