
À Kasindi, principal poste-frontière entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda, en territoire de Beni (Nord-Kivu), des voix s’élèvent contre le non-respect des mesures portant exemption de visa en faveur de certains ressortissants des pays membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), notamment ceux de l’Ouganda et de la Tanzanie.
Dans un communiqué de presse rendu public ce mercredi 4 février 2026, la société civile locale accuse les responsables de la Direction générale des migrations (DGM) affectés à Kasindi de violer les principes de réciprocité migratoire, en dépit des textes et instructions officielles en vigueur. Les forces vives estiment que cette situation porte atteinte aux engagements régionaux pris dans le cadre de l’EAC.
Selon cette structure citoyenne, le non-respect de l’exemption de visa entraîne des conséquences socioéconomiques importantes, particulièrement dans les zones frontalières où le commerce transfrontalier constitue la principale source de revenus pour de nombreuses familles. La société civile affirme que plusieurs opérateurs économiques et voyageurs seraient régulièrement contraints de payer des frais jugés illégaux.
Au cours de la lecture de ce communiqué, le président de la société civile locale, Mbama Bwanandeke Bin Iremangoma, a appelé les autorités compétentes à faire respecter les mesures d’exemption afin de préserver les échanges économiques et la libre circulation des personnes dans cette zone stratégique.
Contactés hors micro, certains agents de la Direction générale des migrations à Kasindi ont indiqué qu’ils se contentaient d’appliquer les instructions reçues de leur hiérarchie.
Cette situation relance le débat sur l’effectivité des accords régionaux de libre circulation au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est, particulièrement aux postes-frontières de la province du Nord-Kivu.
Héritier Ndunda Balyanangwe