
À l’approche du deuxième anniversaire du naufrage du MV Merdi, une autre réalité du drame refait surface, loin des eaux du lac Kivu : celle des enfants qui ont perdu leurs parents et qui peinent encore à poursuivre normalement leur scolarité. Dans une alerte lancée ce mercredi 30 septembre 2026, à quelques jours du 3 octobre, Soma RDC ASBL, Solidarité pour les Orphelins et Mères et les Âmes Démunies, affirme avoir identifié 295 enfants orphelins répartis dans plusieurs établissements scolaires de Minova, au Sud-Kivu, et de Bweremana, au Nord-Kivu. Près d’un mois après la rentrée scolaire, certains d’entre eux manquent toujours de fournitures nécessaires à leur apprentissage.
L’alerte a été formulée dans une interview exclusive accordée à Magloire Mutulwa, confrère de la RTCT Goma, dont beroyafm.net a exploité les éléments ce mercredi 30 septembre 2026. Pour Soma RDC ASBL, l’approche de cette date anniversaire constitue une occasion de remettre au centre du débat les besoins de ces enfants, souvent moins visibles que le bilan humain immédiat d’une catastrophe. L’organisation souhaite notamment mobiliser les personnes de bonne volonté afin de contribuer à leur scolarisation et à leur accompagnement, estimant que la prise en charge des conséquences du naufrage ne devrait pas s’arrêter à la commémoration des victimes.
Selon les données communiquées par l’organisation, les enfants concernés sont répartis dans plusieurs établissements scolaires. À Bweremana, il s’agit notamment de l’E.P. Miteetso, l’E.P. Ngerero, l’E.P. Muganza et l’E.P. Islamique, tandis qu’à Minova, l’intervention annoncée concerne notamment l’E.P. Kitalaga et l’E.P. Shanga. Soma RDC ASBL indique vouloir apporter une réponse aux besoins scolaires recensés, alors que certains enfants abordent cette nouvelle année scolaire avec des moyens insuffisants pour disposer du matériel nécessaire à leur formation.
Pour Augustin Mapenzi, directeur exécutif de Soma RDC ASBL, la situation appelle une mobilisation au-delà des seules structures intervenant habituellement dans le domaine humanitaire. L’organisation invite ainsi les personnes de bonne volonté à soutenir ces enfants, en mettant l’accent sur leur scolarisation et leur accompagnement. Derrière les chiffres communiqués se trouvent des parcours individuels marqués par la perte d’un parent et par les difficultés économiques qui peuvent en découler, rendant la poursuite des études plus fragile.
Cette alerte intervient deux ans après le drame qui avait bouleversé les communautés riveraines du lac Kivu. Le 3 octobre 2024, le bateau MV Merdi, qui avait quitté Minova en direction de Goma, avait chaviré sur le lac Kivu, à proximité du port de Kituku. Le naufrage avait causé la mort et la disparition de nombreux passagers. Dans les premiers jours, le bilan communiqué faisait état de plusieurs dizaines de victimes, tandis que des survivants avaient été secourus avant d’être pris en charge dans différentes structures sanitaires de Goma.
À l’approche de la commémoration, le souvenir du naufrage se mesure donc aussi à travers ses conséquences durables sur les familles touchées. Pour les enfants ayant perdu leurs parents, la rentrée scolaire constitue l’un des espaces où cette vulnérabilité devient concrètement visible : fournitures manquantes, difficultés de prise en charge et incertitude quant à la continuité des études. En attirant l’attention sur ces besoins, Soma RDC ASBL cherche à déplacer le regard de la seule mémoire du drame vers l’accompagnement de ceux qui continuent à en porter les conséquences au quotidien.
Le 3 octobre 2026, deux ans après le naufrage du MV Merdi, la commémoration devrait ainsi être accompagnée d’une autre question, plus silencieuse mais tout aussi importante : comment garantir aux enfants devenus orphelins la possibilité de poursuivre leur éducation ? Pour Soma RDC ASBL, la réponse passe par une mobilisation autour de ces 295 élèves identifiés à Bweremana et Minova. Leur situation rappelle que, derrière chaque catastrophe, les conséquences humaines se prolongent bien au-delà du jour du drame et peuvent marquer durablement l’avenir des générations qui en sont issues.
Emmanuel Kasereka bin Vikingi