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Nord-Kivu : Beni, une pétition lancée pour réviser les limites du Parc national des Virunga

La tension monte autour des limites du Parc National des Virunga est loin d’être maîtrisée . Le Chef des villages Bapakombe Bakondo/Mayangose a annoncé le 30 juillet à Kididiwe le lancement d’une collecte de signatures pour une pétition destinée à l’Assemblée nationale. Objectif : obtenir la révision de la loi portant délimitation du PNVI.

Réunis en assemblée, agriculteurs et chefs terriens ont validé la démarche et mis en place un comité chargé de mobiliser les moyens pour faire aboutir la requête. La pétition se base sur deux documents : le rapport contesté de la commission mise en place par le Gouverneur et le rapport de la commission parlementaire de 2013.

Pour les initiateurs, il s’agit de défendre les droits des communautés riveraines qui, disent-ils, vivent depuis des années dans l’incertitude foncière.

Le dossier n’est pas nouveau. Le 25 juillet 2025, le tribunal de paix de Beni a libéré 27 agriculteurs arrêtés pour avoir cultivé dans la vallée de Mwalika, zone considérée par l’ICCN comme faisant partie du parc. Le député national Saidi Balikwisha avait alors plaidé pour la création d’une commission d’experts afin de « clarifier précisément les frontières du parc, de Rutshuru à Lubero jusqu’à Beni ».

«« Ceux-ci peuvent être acquittés aujourd’hui, mais on ne sait pas ce que sera demain. L’ICCN pourrait encore envoyer ses éco-gardes », avait-il prévenu.»

Classé patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979 et inscrit sur la liste du patrimoine mondial « en péril », le Parc National des Virunga fait l’objet d’une attention internationale. L’UNESCO et l’UICN rappellent que toute activité d’exploration ou d’exploitation pétrolière et minière est incompatible avec ce statut.

Mais du côté des communautés, la grogne persiste. Elles dénoncent la déforestation, la pollution, et surtout la destruction de leurs moyens de subsistance. Leur revendication centrale reste une clarification des limites afin de permettre une cohabitation pacifique entre les impératifs de conservation et les activités agricoles.

En 2018 déjà, le ministère des Hydrocarbures avait tenté de lancer la procédure de désaffectation des blocs 4 et 5 du parc, une initiative qui avait suscité une forte mobilisation de la société civile.

Avec cette pétition, les villages de Bapakombe Bakondo entendent porter le débat au plus haut niveau des institutions. Ils espèrent que les députés nationaux s’appuieront sur les deux rapports existants pour rouvrir le dossier législatif.

Entre la nécessité de préserver un écosystème unique au monde et l’urgence sociale des populations riveraines, le débat reste ouvert. L’Assemblée nationale est désormais appelée à se prononcer sur cette question sensible.

La Reine Aminata Kitambala

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