
À Butembo, ville déjà fragilisée par l’insécurité et la précarité économique, les rassemblements politiques de certains élus perturbent le quotidien des habitants. Entre démagogie et attentes pressantes, la population appelle désormais ses représentants à délaisser les cultes de personnalité pour apporter des réponses concrètes aux urgences sécuritaires et sociales.
La ville de Butembo, au Nord-Kivu, est aujourd’hui au cœur de multiples défis sécuritaires. Les massacres des ADF dans les territoires voisins de Lubero et Beni provoquent un afflux massif de déplacés vers cette cité commerciale.
À cette insécurité s’ajoute la menace persistante du M23, accentuant un climat de peur et d’incertitude. Les habitants vivent dans une tension permanente, cherchant avant tout à protéger leur survie quotidienne.
Dans ce contexte, certains députés de la région profitent de leurs vacances parlementaires pour organiser des meetings populaires en plein centre-ville. Ces rassemblements perturbent les activités économiques vitales d’une population qui dépend du travail journalier.
Pour de nombreux analystes, ces pratiques accroissent la vulnérabilité des habitants et privent la ville d’un précieux manque à gagner. Loin de proposer des solutions, les élus semblent davantage préoccupés par leur visibilité politique.
Un jeune de Renadel, interrogé le 22 janvier 2026, appelle les députés à « se remettre en cause et adapter leur mission aux véritables attentes de la population », plutôt que de cultiver des personnalités politiques déconnectées des réalités locales.
La population, souvent partagée entre applaudissements et plaintes, devrait aussi renforcer sa conscience citoyenne. Les habitants sont invités à mettre leurs représentants devant leurs responsabilités, au lieu de céder à la démagogie.
Un analyste politique du Nord-Kivu, sous anonymat, rappelle l’adage de l’écrivain kényan Hilary Ng’wera : « La liberté de la presse est une notion dépourvue de sens dans un pays où la survie est le seul objectif de la population. »
Cette réflexion met en lumière le rôle ambigu de la presse locale, accusée par certains habitants d’accompagner les élus dans leurs activités sans dénoncer les conséquences pour la population.
Dans une ville où l’insécurité et la précarité dictent le quotidien, les élus sont appelés à dépasser les logiques de prestige et de rassemblements symboliques pour porter haut les revendications de leurs électeurs. La population, quant à elle, doit transformer ses frustrations en exigences citoyennes afin que les représentants assument pleinement leurs responsabilités.
La rédaction
