
Après plusieurs mois d’exil forcé en raison de l’insécurité, les habitants du groupement de Mwenye, dans le territoire de Lubero, regagnent progressivement leurs villages. Cependant, ce retour tant attendu se heurte à une réalité difficile : maisons détruites, champs abandonnés, manque d’eau potable, accès limité aux soins de santé et routes en état de délabrement avancé.
Les familles revenues sur leurs terres sont confrontées à des conditions de vie extrêmement précaires. La reprise des activités agricoles est fortement compromise par de longs mois d’abandon des champs, tandis que l’absence d’infrastructures de base accroît la vulnérabilité des populations. Face à cette situation, les habitants lancent un appel pressant aux autorités congolaises et aux partenaires humanitaires afin d’obtenir un soutien urgent pour la reconstruction des habitations, la relance de l’agriculture et l’amélioration de l’accès aux soins de santé.
Témoignages des habitants
Prince Kasyano, membre du Conseil local de la jeunesse, a témoigné ce mardi 4 août de la détresse des familles revenues dans leurs villages.
«« Nous retrouvons nos villages, mais nous n’avons plus rien. Les maisons sont détruites, les champs sont envahis par les herbes et l’eau potable manque cruellement », a-t-il déclaré.»
Le chef coutumier du groupement partage le même constat, tout en saluant le déploiement des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans la zone. Selon lui, cette présence militaire contribue à renforcer la sécurité et à favoriser le retour progressif des personnes déplacées.
Une sécurité encore fragile
Si l’amélioration de la situation sécuritaire constitue une étape importante, elle demeure insuffisante pour assurer un retour durable des populations. La reconstruction des infrastructures sociales et économiques représente un défi majeur. Les routes fortement dégradées compliquent l’acheminement de l’aide humanitaire et accentuent l’isolement des villages, aggravant ainsi les difficultés auxquelles les habitants doivent faire face.
Daniel Ashuza