
Deux agents de santé de l’Hôpital Général de Référence de Lubero, Kakule Tsumbi Patrick et Kakule Bwanandenge Stiven, ont été arrêtés arbitrairement par l’Administrateur militaire du territoire, avec la complicité du Médecin Directeur. Leur seul « tort » : avoir exercé leur droit de grève pour dénoncer le détournement des fonds et la mauvaise gestion qui gangrènent l’établissement.
Depuis plusieurs mois, le personnel soignant vit dans une précarité extrême, privé de rémunération régulière et contraint de travailler dans des conditions indignes. Face à cette situation, les agents avaient lancé une grève pour réclamer transparence et justice. Le Gouverneur du Nord-Kivu, saisi de la question, avait promis une solution, mais aucune mesure concrète n’a été prise à ce jour.
Plutôt que d’apporter des réponses, les autorités locales ont choisi la voie de la répression. Les deux infirmiers grévistes ont été arrêtés, tandis que leurs collègues poursuivent un sit-in pacifique devant le bureau de l’Administrateur du territoire, exigeant leur libération immédiate et sans condition.
Le défenseur des droits humains Blaise Kalisha condamne avec fermeté cette arrestation qu’il qualifie d’atteinte grave aux libertés fondamentales. Il alerte sur les dérives autoritaires qui visent à museler ceux qui osent réclamer justice et transparence, et appelle à une mobilisation citoyenne pour mettre fin à cette injustice.
La société civile, les syndicats et les organisations de défense des droits humains rejoignent cet appel, rappelant que la santé publique ne peut être sacrifiée sur l’autel de la corruption.
La santé n’est pas un crime. La vérité ne se bâillonne pas. La solidarité ne se punit pas.
La rédaction