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L’aveu du Rwanda sur l’AFC/M23 : la caducité du processus de Doha

Les récentes déclarations du président rwandais Paul Kagame et de l’ambassade du Rwanda aux États-Unis bouleversent la lecture du conflit à l’Est de la RDC. Selon l’analyse de Jean-Paul Soko, elles consacrent la fin d’une fiction politique autour du processus de Doha et imposent une requalification stratégique du conflit.

Les propos du président Paul Kagame, confirmés par un communiqué officiel de l’ambassade du Rwanda aux États-Unis, marquent un tournant majeur. Ils mettent fin à la narration selon laquelle l’AFC/M23 serait une rébellion congolaise autonome.

Comme le souligne Jean-Paul Soko, l’AFC/M23 apparaît désormais clairement comme un instrument politique et militaire du Rwanda opérant sur le territoire congolais. Le conflit change de nature : d’une crise interne, il devient une question de souveraineté nationale et de relations interétatiques.

Le processus de Doha, conçu comme un dialogue entre le gouvernement congolais et une rébellion dite congolaise, repose sur une fiction politique. Les déclarations rwandaises invalident cette base et révèlent l’inadéquation du cadre choisi.

On ne peut résoudre un conflit national par un dialogue interne lorsque l’un des protagonistes dépend directement d’un pouvoir extérieur. Maintenir ce cadre revient à réduire une agression internationale à une simple crise politique interne.

Jean-Paul Soko insiste : poursuivre les discussions avec l’AFC/M23 dilue la responsabilité du Rwanda. Le véritable acteur stratégique n’est plus le mouvement armé, mais l’État qui le finance, l’arme et l’oriente.

Le processus de Doha devient ainsi un mécanisme de déplacement du problème, protégeant indirectement Kigali de la pression diplomatique internationale. Cette approche affaiblit la capacité de la RDC à défendre sa souveraineté.

Continuer à reconnaître l’AFC/M23 comme interlocuteur politique envoie un signal dangereux. Une rébellion soutenue par une puissance étrangère peut accéder à une forme de légitimité par la violence, fragilisant le principe de souveraineté nationale.

Face à cette nouvelle réalité, Jean-Paul Soko appelle à un changement de cadre stratégique. La RDC doit requalifier officiellement le conflit comme une agression extérieure et déplacer son traitement vers le droit international et la diplomatie régionale.

En définitive, les déclarations de Paul Kagame et de l’ambassade du Rwanda consacrent la fin d’une rébellion présentée comme congolaise. Pour Jean-Paul Soko, elles rendent le processus de Doha politiquement caduc : on ne négocie pas avec un groupe armé soutenu par un État étranger comme s’il s’agissait d’une opposition nationale.

La rédaction

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