
À l’approche de la Journée internationale de la coopération policière, célébrée chaque 7 septembre, la sécurité transfrontalière s’impose comme un enjeu majeur à Kasindi, dans le territoire de Beni. À la frontière entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda, les services de sécurité misent sur le partage de renseignements et la collaboration avec les populations pour prévenir et combattre les différentes formes de criminalité qui affectent cette zone stratégique.
Pour le Commissaire principal Kasereka Kambere Claude, commandant de la Police nationale congolaise (PNC) à Kasindi, cette journée revêt une importance particulière dans un contexte où les zones frontalières restent confrontées à de nombreux défis sécuritaires. Il souligne la nécessité d’une collaboration permanente entre les forces de sécurité congolaises, leurs homologues ougandaises et les communautés locales, considérée comme un levier essentiel pour anticiper les menaces et améliorer la réponse sécuritaire.
Cette coopération repose notamment sur l’échange d’informations et de renseignements entre les différents services. Elle vise à lutter contre plusieurs formes de criminalité transfrontalière, notamment le banditisme, le trafic de drogue, la traite des personnes, le trafic d’armes et le blanchiment d’argent. Selon le responsable de la PNC à Kasindi, la circulation rapide des renseignements permettrait aux forces de sécurité de mieux identifier les menaces, de coordonner leurs interventions et de renforcer la prévention.
Malgré ces efforts, la porosité de la frontière demeure l’un des principaux défis auxquels sont confrontées les autorités. Le commandant de la PNC à Kasindi affirme que certains actes criminels sont commis par des inciviques congolais, mais également par des bandits venus de l’Ouganda. Il estime la contribution de ces derniers à environ 30 % de l’insécurité enregistrée dans la commune, ceux-ci profitant, selon lui, de la porosité de la frontière pour mener certaines opérations.
Face à cette situation, les services de sécurité affirment maintenir leur vigilance et renforcer leurs opérations. Le Commissaire principal Kasereka Kambere Claude indique que plusieurs présumés criminels sont régulièrement interpellés grâce à la détermination et à la bravoure des forces de sécurité. Ces arrestations s’inscrivent dans une stratégie visant à protéger les populations, à réduire la criminalité et à consolider la sécurité dans cette zone frontalière particulièrement sensible.
Au niveau provincial, les préparatifs de la Journée internationale de la coopération policière sont déjà engagés sous l’impulsion du Commissaire divisionnaire adjoint Dieudonné Makambo Gimba, commissaire provincial de la PNC au Nord-Kivu. À travers ses délégués, il coordonne l’organisation de cette célébration en collaboration avec la Police des Nations unies (UNPOL), avec l’objectif de mettre en lumière les enjeux de la coopération policière et sécuritaire.
Au-delà de la célébration, cette journée constitue une occasion de rappeler que la lutte contre la criminalité transfrontalière ne peut reposer sur les seuls efforts d’un pays. À Kasindi, le partage du renseignement, la coordination entre les services congolais et ougandais ainsi que l’implication des populations apparaissent comme des éléments déterminants pour contenir les menaces. Dans une frontière marquée par sa forte mobilité et sa porosité, le renforcement de cette coopération demeure donc un impératif pour une sécurité durable.
Daniel Ashuza