
À l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, célébrée chaque 28 mai, les acteurs de santé appellent à une prise de conscience accrue autour de la santé menstruelle, notamment dans les zones en crise comme le Nord-Kivu, en République démocratique du Congo.
Remus NZALUMBO, biologiste médical basé à Beni et spécialiste en techniques de laboratoire, a souligné l’importance de cette journée qui vise non seulement à sensibiliser à l’hygiène génitale féminine, mais aussi à lutter contre la stigmatisation qui entoure les menstruations.
« Cette journée vise à mettre en lumière les enjeux liés à l’hygiène menstruelle, notamment l’accès aux protections hygiéniques, la gestion des déchets menstruels, la sensibilisation à une bonne hygiène et surtout, à briser les tabous qui empêchent les filles d’en parler ouvertement », a-t-il déclaré.
Selon lui, la situation est particulièrement préoccupante dans les zones touchées par les conflits armés, où vivent de nombreuses personnes déplacées, dont des femmes et des jeunes filles. Ces dernières, venues parfois de Goma ou d’autres zones occupées, rencontrent d’importantes difficultés pour accéder aux produits d’hygiène menstruelle de base.
« Malheureusement, ces femmes déplacées font face à l’indifférence quand il s’agit de leur fournir une protection hygiénique. Ce manque les expose à des risques sanitaires graves », alerte le biologiste.
Parmi les conséquences les plus courantes du manque d’hygiène menstruelle, Remus NZALUMBO cite les infections urinaires et autres maladies liées à une mauvaise gestion des menstruations. Il appelle donc les femmes à se préparer à l’avance en prévoyant le matériel nécessaire pour leurs périodes menstruelles.
« Les femmes doivent apprendre à anticiper leurs règles et disposer de ce qu’il faut pour éviter des complications. Prévenir, c’est protéger sa santé. »
Il déplore également le silence qui entoure encore trop souvent la santé sexuelle dans certaines familles
Il faut vraiment le dire : dans notre région, beaucoup de femmes considèrent encore comme un tabou le fait de parler de santé sexuelle à leurs filles. Cela doit changer.
Nzangura Kwavingiston