
À l’occasion de la Journée internationale de la traduction, célébrée chaque 30 septembre, la journaliste La Reine Aminata Kitambala rend hommage aux professionnels des médias, traducteurs et acteurs communautaires qui permettent à l’information de franchir les barrières linguistiques et d’atteindre les populations dans les langues qu’elles comprennent. Placée en 2026 sous le thème « Diversité des langues et droits linguistiques : le pouvoir de se faire comprendre », cette journée rappelle que l’accès à l’information passe aussi par la capacité de chacun à comprendre les messages qui lui sont destinés.
Dans l’est de la République démocratique du Congo, où coexistent de nombreuses langues et communautés, la traduction occupe une place essentielle dans le travail médiatique. Pour les radios communautaires, traduire une information du français vers le swahili, le lingala, l’alur, le lendu, le kinande ou d’autres langues locales ne constitue pas une simple opération linguistique. C’est un travail quotidien qui rapproche l’information des populations et contribue à réduire les barrières liées à la langue.
À Beroya FM, cette réalité fait partie intégrante du travail rédactionnel. Les articles sont notamment produits en français avant d’être traduits en swahili, en lingala et dans d’autres langues comprises par les auditeurs. Pour La Reine Aminata Kitambala, ce travail exige du temps, de la rigueur et une parfaite compréhension du contexte afin de préserver le sens de l’information tout en la rendant accessible à différents publics.
Cette mission concerne également de nombreux journalistes des radios communautaires de Bunia et d’autres territoires de l’Ituri. La production de journaux en alur, en lendu, en kibira, en kinande ou dans d’autres langues locales permet aux communautés de recevoir des informations adaptées à leur réalité. Derrière chaque traduction se trouve ainsi un travail souvent discret de médiation entre les faits rapportés et les populations auxquelles ils sont destinés.
Dans les contextes humanitaires, l’importance de cette mission devient encore plus évidente. Dans les sites de déplacés de Kigonze, Rhoo et ailleurs, les traducteurs participent à la transmission de messages essentiels liés notamment à la santé publique, à la prévention d’Ebola ou du Mpox. Lorsque ces informations sont rendues accessibles en alur, en lendu ou dans une autre langue maîtrisée par les communautés, elles peuvent contribuer à une meilleure compréhension des mesures de protection et à l’adoption de comportements appropriés.
Au-delà des médias et de l’action humanitaire, la traduction pose donc une question fondamentale : celle du droit de comprendre. Dans des régions où la diversité linguistique constitue une réalité quotidienne, rendre l’information accessible dans la langue du public contribue à renforcer sa participation à la vie sociale, à améliorer l’accès aux services essentiels et à favoriser une communication plus inclusive. Traduire en Ituri et au Kivu n’est ainsi pas un luxe, mais un moyen de faire vivre le droit à l’information.
En cette Journée internationale de la traduction, La Reine Aminata Kitambala rend un hommage particulier aux journalistes, traducteurs et acteurs communautaires qui accomplissent chaque jour ce travail souvent réalisé dans l’ombre. De Beroya FM aux radios communautaires de l’Ituri et du Kivu, leur engagement rappelle qu’une information n’atteint véritablement son objectif que lorsqu’elle est comprise par ceux auxquels elle s’adresse. « Maber, wa dwong iwinyo ! » — « Bien, nous avons compris ! » — et en swahili : « Vizuri, tunaelewa sasa ! » Deux expressions différentes, mais un même message : comprendre, c’est aussi pouvoir agir.
La Rédaction