
Quatorze jours après une opération militaire à Banzubanzu, quatre jeunes civils restent introuvables. Les familles, plongées dans l’angoisse, réclament des explications tandis que des voix s’élèvent pour dénoncer les méthodes des FARDC.
Quatre jeunes civils sont portés disparus depuis deux semaines à la suite d’une opération des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans la localité de Banzubanzu, territoire de Mambasa, en Ituri.
Les disparus sont identifiés comme Kasereka Kamulewa Charles, âgé de 27 ans, Kasereka Vughese Georges, 16 ans, Musabau Jore Dieme, 22 ans, et Kakule Mbalavahi Geremy, 28 ans.
Selon des sources locales, ces jeunes auraient été réquisitionnés de force à Bandibwami pour accompagner des militaires dans une zone jugée non sécurisée.
Cette mission faisait suite à une attaque des rebelles ADF/NALU contre une position des FARDC, qui aurait poussé les militaires à mobiliser des civils pour les assister.
Au cours de cette opération, une embuscade serait survenue, entraînant la disparition des quatre jeunes dont les familles n’ont plus aucune nouvelle.
Depuis l’incident, les proches vivent dans une attente insoutenable, dénonçant le silence des autorités et l’absence d’informations fiables sur le sort de leurs enfants.
La Commission des droits de l’homme de Mambasa (CRDH), par la voix de Ram’s Malikidogo, s’est jointe aux familles pour exiger que l’auditorat militaire établisse les responsabilités.
Pour la CRDH, la lutte contre les groupes armés ne doit en aucun cas se faire au détriment de la sécurité des civils, déjà fragilisés par l’instabilité chronique dans la région.
Cette affaire illustre une fois de plus les dérives possibles des opérations militaires en Ituri, où la frontière entre protection et mise en danger des populations reste trop souvent brouillée.
Emmanuel kasereka Bin Vikingi
