
Le Collectif des journalistes de l’Ituri appelle les responsables de la riposte à renforcer leur collaboration avec les médias locaux.
Le CJI hausse le ton sur la faible implication, selon lui, des médias locaux dans la riposte contre la maladie à virus Ebola. Dans une déclaration rendue publique lundi 31 août 2026, l’organisation professionnelle estime que les journalistes constituent des acteurs essentiels pour rapprocher les messages de prévention des communautés et renforcer l’adhésion de la population aux mesures sanitaires.
Pour le CJI, la communication demeure un pilier majeur de toute réponse à une crise sanitaire. Les radios, télévisions et autres médias de proximité jouent un rôle déterminant dans la diffusion des informations officielles, l’explication des mesures préventives et la lutte contre les rumeurs et fausses informations susceptibles d’alimenter la peur, la méfiance ou les comportements à risque au sein des communautés.
Lue par le porte-parole du CJI, Rachidi Koudra, la déclaration plaide pour une participation plus systématique des journalistes aux différentes activités de la riposte. L’organisation met en avant leur proximité avec les populations et leur connaissance des réalités socioculturelles locales, deux atouts qui permettraient d’adapter les messages sanitaires aux préoccupations spécifiques de chaque communauté et d’en faciliter la compréhension.
Le collectif déplore toutefois que les professionnels des médias restent insuffisamment associés à certaines activités de la riposte. Il évoque également des cas présumés d’utilisation de productions journalistiques sans l’accord préalable de leurs auteurs, une situation qu’il juge préoccupante et incompatible avec un partenariat fondé sur le respect des professionnels, la transparence et la collaboration.
Un délai de 72 heures accordé aux responsables de la riposte. Face à ces préoccupations, le CJI annonce avoir accordé un délai de 72 heures aux responsables de la riposte contre Ebola pour engager un dialogue avec les professionnels des médias. Le collectif demande notamment la mise en place de mécanismes clairs permettant une participation régulière et effective des médias locaux aux activités d’information, de sensibilisation et de communication sur les risques liés à l’épidémie.
Pour le CJI, l’enjeu ne se limite pas à la présence des journalistes sur le terrain. Il s’agit de construire une stratégie de communication cohérente, accessible et adaptée aux réalités locales, capable de répondre aux inquiétudes des populations et de contrer rapidement les fausses informations. Une telle approche, estime l’organisation, contribuerait à renforcer la confiance entre les communautés et les équipes de riposte.
À l’expiration du délai de 72 heures, le CJI prévient qu’il pourrait prendre d’autres dispositions pour porter publiquement ses revendications. L’organisation invite ainsi toutes les structures engagées dans la riposte à considérer les médias locaux comme des partenaires stratégiques et non comme de simples relais occasionnels, estimant qu’une communication régulière, transparente et contextualisée reste indispensable à l’efficacité de la lutte contre Ebola.
Elie Mariboyi