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Ituri : face à l’insécurité, la société civile de Mambasa décrète six mois d’incivisme fiscal

La société civile du territoire de Mambasa en province de l’ituri hausse le ton face à la recrudescence de l’insécurité. Elle annonce une mesure de six mois d’incivisme fiscal sur l’ensemble du territoire, en réaction à la persistance des attaques attribuées aux combattants des ADF et à l’absence, selon elle, d’une réponse sécuritaire à la hauteur de la menace.

Cette décision intervient dans un contexte particulièrement préoccupant dans plusieurs entités du territoire de Mambasa, où les populations civiles continuent de payer un lourd tribut à l’insécurité. Dans la chefferie des Babila-Babombi, les attaques attribuées aux ADF auraient déjà fait 307 morts et 103 personnes portées disparues, selon un bilan provisoire communiqué par les acteurs de la société civile.

À ce bilan humain s’ajoutent d’importantes pertes matérielles. Plus de 200 maisons auraient été incendiées au cours des différentes attaques enregistrées dans cette partie de l’Ituri. Ces violences ont également provoqué des déplacements de populations, perturbé les activités économiques et accentué le sentiment d’abandon au sein des communautés locales.

Pour la société civile, le paiement des taxes et autres obligations fiscales ne peut être dissocié de la question de la sécurité des citoyens. Elle estime que les contribuables ont le droit d’exiger des garanties minimales de protection de leurs vies et de leurs biens avant de continuer à s’acquitter normalement de leurs obligations envers l’État.

L’appel à l’incivisme fiscal, qui devrait s’étendre sur six mois, constitue ainsi une forme de pression exercée sur les autorités compétentes afin de les pousser à renforcer les opérations de sécurisation dans les zones affectées par les violences. La société civile entend notamment attirer l’attention des autorités nationales et provinciales sur l’ampleur de la crise sécuritaire qui frappe le territoire de Mambasa.

Cette décision risque toutefois d’avoir des répercussions sur le fonctionnement des services publics et sur les recettes de l’État. Elle traduit surtout le niveau de frustration atteint par les communautés locales, confrontées depuis plusieurs années à l’insécurité, aux déplacements forcés et à la destruction de leurs moyens de subsistance.

La société civile de Mambasa appelle donc les autorités à prendre des mesures urgentes et concrètes pour restaurer la sécurité et permettre aux populations de reprendre leurs activités dans un climat de confiance. Elle considère que la protection des civils doit demeurer une priorité absolue dans cette partie de l’Ituri.

Face à cette situation, les regards sont désormais tournés vers les autorités sécuritaires et administratives, appelées à apporter des réponses susceptibles de rassurer une population durement éprouvée par les violences.

Elie Mariboyi

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