
L’administrateur militaire du territoire d’Irumu, le colonel Siro Nsima Bunga Jean, a effectué une mission d’itinérance de huit jours dans plusieurs entités du territoire. Cette tournée avait notamment pour objectifs d’évaluer la situation sécuritaire et sanitaire, de résoudre certains conflits et de renforcer l’autorité de l’État. Au terme de cette mission, sept dossiers conflictuels ont été examinés.
La mission de l’administrateur militaire a couvert huit entités du territoire d’Irumu. Elle a porté notamment sur la gouvernance coutumière, les conflits fonciers, la sécurité ainsi que la riposte contre la maladie à virus Ebola.
Gouvernance coutumière
Sur le plan de la gouvernance coutumière, plusieurs dossiers ont été examinés. Le 4 août, à Soke, le colonel Siro Nsima Bunga Jean a procédé à la reconduction de Michel Avuta comme chef, après la reconstitution de son arbre généalogique.
Deux jours plus tard, à Kabona, Byaletsu Fanda a été maintenu à son poste, le clan Wengemadhu étant présenté comme la famille régnante depuis 1914.
Dans la chefferie des Walendu-Bindi, l’administrateur militaire a appelé les chefs coutumiers à privilégier le règlement interne des différends avant de recourir à la justice.
Il a également rappelé aux chefs des entités territoriales décentralisées l’obligation d’organiser des réunions de sécurité chaque lundi. Il a, par ailleurs, dénoncé certaines tracasseries qui seraient commises sous couvert du salongo.
« Nul ne peut se faire justice. Le respect des institutions coutumières reconnues par l’État est obligatoire », a déclaré le colonel Siro Nsima Bunga Jean.
Des conflits fonciers au centre de la mission
Les questions foncières ont également occupé une place importante au cours de cette itinérance.
À Aveba, le dossier opposant l’Église CE39 à d’autres parties a particulièrement retenu l’attention de l’autorité territoriale. Après avoir constaté un dépassement de 14 hectares, l’administrateur militaire a reconnu, le 7 août, une superficie de 43 hectares à l’Église. Il a recommandé le dialogue ainsi qu’une éventuelle compensation en faveur de Kulukpada, tout en demandant la reprise des activités.
À l’EPO Charukata, après une attaque survenue le 1er juin sur un espace de trois hectares et ayant fait un blessé, l’administrateur militaire a rappelé que l’espace scolaire n’est pas destiné au lotissement. Il a également demandé que des mesures soient prises à l’encontre du chef de localité concerné.
D’autres dossiers fonciers ont été examinés à Gety, notamment sur la colline Bpiva. À Ngasu-Bavi, un différend opposant les communautés Baviba, Tshiritshi et Zadhu doit faire l’objet d’une harmonisation annoncée pour le 21 août.
À Kasenyi, le conflit entre les communautés Bagungu et Beziya, marqué notamment par la profanation d’un cimetière, a également été abordé. Une mesure de délocalisation a été ordonnée.
L’administrateur militaire a en outre instruit la révision du plan foncier et minier élaboré en 2022, avec comme échéance la fin du mois d’août.
Situation sécuritaire
Sur le plan sécuritaire, l’administrateur militaire a fait état de la présence des combattants ADF dans la zone de Walese-Wonkutu. Il a également évoqué les exactions attribuées au groupe dénommé « Sang Rouge », présenté comme opérant sous couvert de la lutte contre les éléments de la FRPI.
Une alerte a également été lancée concernant une présumée vente du village de Mungamba, communément appelé « Butembo 2 », ainsi que des soupçons de financement en faveur des ADF. Une enquête a été recommandée afin d’établir les faits.
À Kasenyi, le 11 août, 8 219 engins de pêche considérés comme illicites ont été détruits, selon le bilan communiqué par l’autorité territoriale.
L’administrateur militaire a par ailleurs instruit la suppression des barrières illégales, tout en demandant le maintien des check-points militaires.
Vigilance face à Ebola
Le volet sanitaire a également marqué cette mission d’itinérance, dans un contexte de vigilance face au risque de reprise de la maladie à virus Ebola.
À Gety, l’administrateur militaire s’est intéressé aux informations faisant état d’une stigmatisation des équipes engagées dans la riposte. Il a appelé au soutien des agents de santé et des autres intervenants.
À Manji, sur l’axe Kasenyi-Bogoro, il a constaté des manquements dans l’application des mesures de prévention. Il a ainsi ordonné le renforcement du lavage des mains et de la prise de température au niveau de cette barrière.
À Kasenyi, il a enfin salué le travail de l’équipe conjointe de riposte RDC-Ouganda déployée au niveau de la frontière lacustre.
Les priorités annoncées
Au terme de ces huit jours d’itinérance, l’administrateur militaire du territoire d’Irumu a réaffirmé la nécessité de renforcer l’autorité de l’État dans les différentes entités visitées.
Parmi les priorités annoncées figurent notamment la sécurisation des concessions de l’État, la prévention et la résolution des conflits fonciers, la lutte contre les barrières illégales ainsi que la lutte contre la désinformation.
La Reine Aminata Kitambala