
À Kyondo, dans le territoire de Béni, la grève des enseignants NU et NP s’éternise. Entre revendications salariales et examens imminents, les élèves se retrouvent pris en otage d’un conflit qui oppose syndicalistes, administration et chefs d’établissements.
La sous-division de Kyondo vit une paralysie éducative qui inquiète parents et responsables scolaires. Les enseignants NU et NP dénoncent une précarité persistante, aggravée par le non-paiement des salaires de mars et avril. Ils accusent les syndicalistes de prolonger une grève qui fragilise leur quotidien, tandis que les syndicats défendent une lutte jugée indispensable pour obtenir reconnaissance et droits.
Le numéro un du SYECO/Kyondo, Kavuthya Saasita Hubert, rappelle que les acquis d’aujourd’hui sont le fruit des combats d’hier. Selon lui, sans la grève, les enseignants ne seraient jamais pris en compte par l’État congolais. « S’il existe des enseignants payés aujourd’hui, c’est parce que des syndicalistes se sont battus hier », affirme-t-il, insistant sur le caractère collectif de cette lutte.
De leur côté, les chefs d’établissements dénoncent une situation qui compromet la préparation des élèves aux examens nationaux. Muhindo Sivendire Ghislain, préfet des études de l’Institut Saint Augustin à Mahigha, juge cette grève « inopportune » alors que le TENASOSPE approche. Il souligne qu’il devient difficile de préparer les enfants, déjà mobilisés pour des activités agricoles dans le graben des Bashu.
Le SYECO/Kyondo maintient sa position ferme : aucun examen ne saurait justifier la fin de la grève sans paiement du mois d’avril. Pour Kavuthya Saasita Hubert, les irrégularités qui surviendront relèvent de la responsabilité de l’État, seul garant du bon fonctionnement du système éducatif.
Cette confrontation met en lumière un bras de fer entre revendications salariales et impératifs scolaires. Les enseignants réclament justice et dignité, les chefs d’établissements exigent la reprise des cours, et l’État reste accusé de manquer à ses obligations. Le dialogue semble bloqué, laissant planer l’incertitude sur l’avenir immédiat des élèves.
Au centre de ce conflit, l’enfant demeure la principale victime. Privé de cours, pris entre luttes syndicales et inertie gouvernementale, il paie le prix fort d’un manque de stoïcisme des enseignants et des autorités. À Kyondo, l’éducation est suspendue, et l’avenir des élèves compromis par une crise qui tarde à trouver une issue.
Bakwanamaha Joseph