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Goma : Révision de la Constitution congolaise, le MCID pour ou contre?

La question de la révision constitutionnelle congolaise a fait l’objet d’une conférence-débat organisée par le Mouvement des Congolais Initiés pour le Développement (MCID), en collaboration avec la Génération Constant Mutamba. Cette rencontre s’est tenue le mardi 17 décembre 2024 dans la grande salle de l’Université de Goma, et a visé à éclairer l’opinion publique sur la révision de la Constitution.

Cette question, qui fait débat au sein de la classe politique congolaise, a été abordée par plusieurs acteurs politiques et participants qui ont exprimé leur soutien à la révision constitutionnelle pour diverses raisons majeures.

L’honorable Gladis Kingombe, chef de file du MCID et conférencière lors du débat, a justifié son soutien à la révision constitutionnelle :

« Nous avons le droit de soutenir la révision de la Constitution, car elle a été conçue par une majorité étrangère. Cette Constitution ne reflète pas les réalités de la vie congolaise, et elle ne contient pas les sanctions nécessaires. Elle ne correspond pas à nos réalités anthropologiques, et c’est une Constitution budgétivore, pauvre en sanctions. »

Elle a également souligné l’importance d’une mobilisation générale pour sensibiliser la population, en particulier les étudiants, afin de les libérer de la peur alimentée par les opposants qui affirment que tout changement de la Constitution entraînerait des conséquences dramatiques.

« Nous avons saisi cette opportunité pour éclairer les étudiants, les libérer de l’ignorance et de la peur. Certains opposants prétendent que le changement de la Constitution entraînera des catastrophes, mais il est temps de penser au bien-être de notre pays, » a ajouté Gladis Kingombe.

MURULA MUNGA Patrick, fondateur et président de la structure Générale Constant Mutamba, a également exprimé son soutien à la révision constitutionnelle, soulignant que cela contribuerait à renforcer la sécurité du pays. Selon lui, certains articles de la Constitution actuelle privilégient parfois les intérêts étrangers, ce qui pourrait être un frein dans la lutte contre les ennemis de la RDC.

« Avant de penser à la situation sécuritaire de la RDC, il est essentiel de réviser notre Constitution. Ce changement contribuera grandement à la neutralisation de nos ennemis, car certains articles actuels favorisent les intérêts étrangers. Une révision de la Constitution permettrait de renforcer la paix et la stabilité en RDC, » a-t-il déclaré.

Des avis partagés sur la révision

Cependant, la question de la révision constitutionnelle ne fait pas l’unanimité. Une participante a rappelé que tout changement de la Constitution devrait tenir compte des besoins de la population et des exigences actuelles du pays, soulignant que cela pourrait bénéficier au développement national si le processus est mené de manière inclusive.

D’autre part, un juriste de l’Université de Goma a exprimé des réserves, soulignant que, selon l’article 220 de la Constitution, un changement constitutionnel ne peut intervenir en période de guerre, lorsque le pays est partiellement envahi par l’ennemi. Il a estimé qu’il était inopportun de procéder à une révision constitutionnelle pour le moment, car d’autres priorités, telles que la guerre à l’Est, doivent d’abord être traitées.

« La Constitution prévoit que, lorsqu’une partie du territoire est envahie ou en état de siège, il ne peut y avoir de révision constitutionnelle. Ce n’est pas la Constitution qui bloque le fonctionnement des institutions, mais plutôt la volonté des responsables politiques, » a affirmé le juriste.

La question de la révision constitutionnelle congolaise reste un sujet central de débat au sein de la classe politique. Les opinions sont partagées, entre ceux qui soutiennent le changement pour mieux répondre aux réalités du pays, et ceux qui estiment qu’il est prématuré de réviser la Constitution en période de crise.

Muliro Vainqueur Laurent 

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