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Goma : l’IRI Nord-Kivu appelle à une mobilisation collective pour restaurer le couvert forestier

Face à la régression continue des espaces verts dans la ville de Goma, les confessions religieuses du Nord-Kivu veulent renforcer leur rôle dans la lutte contre la déforestation. Réunies au sein de l’Initiative interreligieuse pour les forêts tropicales (IRI), elles ont décidé d’accélérer leurs actions de sensibilisation et de reboisement afin de contribuer à la restauration des forêts urbaines menacées par l’expansion démographique et les effets des changements climatiques.

Cette détermination a été réaffirmée vendredi 31 juillet 2026 lors d’un atelier stratégique organisé à l’hôtel Congo Uni à Goma. Cette rencontre, consacrée à la mise en œuvre du plan d’action 2026 de l’IRI Nord-Kivu, a réuni les responsables religieux, des chercheurs et différents acteurs engagés dans la protection de l’environnement. Les travaux visaient notamment à renforcer la coordination de la plateforme, redynamiser son conseil exécutif et définir de nouvelles stratégies pour intensifier les initiatives vertes dans la capitale provinciale.

Prenant la parole à cette occasion, l’évêque principal Amurani, président provincial de la plateforme des confessions religieuses du Nord-Kivu et coprésident de l’IRI, a rappelé l’importance de la campagne « Un arbre pour la protection de la vie de l’homme », lancée en 2020. Selon lui, cette initiative restera au centre des actions de l’organisation jusqu’à la fin de l’année 2026 afin d’encourager les communautés à s’approprier la culture du reboisement. « L’arbre, c’est la vie, et l’arbre est inséparable de l’homme », a-t-il déclaré, invitant les responsables religieux à consacrer des moments de sensibilisation dans les lieux de culte après les célébrations.

Au cours des travaux, le CT Esdras Shabani Bin Kasongo, enseignant à l’Université Libre des Grands Lacs (ULGL) et doctorant en gestion des forêts dans une université camerounaise, a présenté les résultats préliminaires de son étude sur l’évolution des forêts urbaines et périurbaines de Goma. Il a alerté sur la forte régression du couvert forestier, passé de 41,49 % à 7,41 % dans les zones urbaines entre 1990 et 2025, appelant à une gouvernance durable et à des actions urgentes de reboisement.

Les données présentées dressent un tableau préoccupant de la situation environnementale de Goma. Dans les quartiers périurbains, notamment Bujovu, Lac Vert et Mugunga, la couverture forestière est également passée de 74,8 % à 8,41 % durant la même période. Le chercheur estime que cette tendance constitue une menace sérieuse pour l’équilibre écologique de la ville, particulièrement exposée aux effets des changements climatiques.

Pour les participants, cette situation nécessite une réponse collective impliquant toutes les composantes de la société. Les autorités publiques, les organisations environnementales, les établissements scolaires, les communautés religieuses et les citoyens sont appelés à unir leurs efforts pour restaurer les espaces boisés et renforcer la résilience climatique d’une ville particulièrement vulnérable, située au pied du volcan Nyiragongo, sur les rives du lac Kivu et à proximité du Parc national des Virunga.

Clôturant les travaux, l’évêque principal Amurani a invité chaque habitant du Nord-Kivu à faire du reboisement une responsabilité personnelle. « Plantons chacune et chacun un arbre dans sa parcelle afin de former un mur vert autour de la ville de Goma », a-t-il lancé. Pour lui, « là où il y a un arbre, il y a la vie, la paix, la cohésion et l’espérance ». Au nom de la coprésidence de l’IRI Nord-Kivu, il a officiellement clôturé l’édition 2026 de l’atelier, tout en appelant à maintenir cette mobilisation écologique pour préserver l’avenir de Goma et des générations futures.

Emmanuel Kasereka bin Vikingi

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