
À Goma, l’ancien Président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, a accordé un entretien au média belge La Libre Belgique, dans sa résidence privée. Une prise de parole rare, dans un contexte politique et sécuritaire tendu à l’Est du pays, marqué notamment par la présence de l’AFC/M23.
Une présence assumée à Goma
Interrogé sur sa présence dans une ville considérée comme un bastion de l’AFC/M23, Joseph Kabila revendique un ancrage personnel et historique.
Il rappelle être propriétaire de sa résidence depuis 1999 et affirme son droit à circuler librement et à dialoguer avec tous les Congolais. Selon lui, cette démarche s’inscrit dans une mission de cohésion nationale et de recherche de la paix.
Retour sur l’accord politique de 2019
Évoquant ses relations avec l’actuel chef de l’État, Félix Tshisekedi, l’ancien président revient sur l’accord conclu en 2019 entre leurs plateformes politiques respectives.
Il insiste sur le fait que cet accord visait une gestion apaisée du pays, tout en déplorant sa remise en cause ultérieure par ses partenaires.
Constitution et inquiétudes institutionnelles
Sur la question de la révision constitutionnelle envisagée à Kinshasa, Joseph Kabila se montre critique.
Il estime que la Constitution actuelle est déjà ignorée dans la pratique et met en garde contre toute initiative qu’il qualifie de « dangereuse », évoquant un risque de dérive institutionnelle.
Une crise comparée au Soudan
Dans une analyse plus large de la situation nationale, il évoque une possible « soudanisation » de la crise congolaise, faisant référence à l’Soudan, marqué par des conflits internes ayant conduit à son implosion. Une comparaison qui souligne, selon lui, la gravité de la situation actuelle en RDC.
Appel à la mobilisation citoyenne
Adoptant un ton plus engagé, l’ancien chef de l’État appelle les Congolais à se mobiliser contre ce qu’il qualifie de « dictature » et de « tyrannie ».
Il fait notamment référence à l’article 64 de la Constitution, invitant les citoyens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, à s’impliquer activement pour défendre l’ordre constitutionnel.
Regards critiques sur la Belgique
Enfin, Joseph Kabila n’a pas manqué de commenter le rôle de Belgique dans la crise congolaise.
Il estime que ce pays pourrait perdre en crédibilité dans son accompagnement du régime actuel, tout en saluant certaines initiatives de la justice belge visant à faire la lumière sur des implications controversées.
En filigrane, cet entretien traduit le retour progressif de Joseph Kabila Kabange dans le débat public, avec un discours mêlant justification personnelle, critique du pouvoir en place et appel à la mobilisation nationale.
La rédaction