
Une étude doctorale menée depuis 2023 par CT Esdras Shabani Bin Kasongo, enseignant à l’Université Libre des Grands Lacs (ULGL-Goma), met en lumière la dégradation accélérée des forêts urbaines et périurbaines de Goma. Réalisée dans le cadre de son doctorat poursuivi dans une université du Cameroun, où il se spécialise en gestion des forêts, cette recherche analyse la gouvernance des espaces forestiers de la ville et leurs perspectives d’avenir. Les premiers résultats ont été dévoilés lors d’un entretien accordé à nos collègues de naturelcd.net.
Les conclusions de cette recherche sont sans équivoque : si aucune politique efficace de protection et de restauration des espaces boisés n’est engagée, Goma pourrait perdre une grande partie de son couvert forestier d’ici à 2050. Une telle évolution exposerait davantage la ville à la dégradation de son environnement, aux effets du changement climatique, à la perte de biodiversité et à la détérioration des conditions de vie des populations.
Les projections réalisées dans le cadre de l’étude indiquent que la couverture forestière totale pourrait chuter à 1,74 % d’ici à 2050. Les quartiers urbains ne conserveraient plus que 0,24 % de leurs espaces forestiers, tandis que les quartiers périurbains n’en garderaient que 0,38 %. « Nous sommes en train d’aller tout droit au mur si rien n’est fait pour inverser cette tendance », prévient CT Esdras Shabani Bin Kasongo.
Pour parvenir à ces conclusions, le chercheur a analysé l’évolution du couvert forestier de Goma sur une période de trente-cinq ans. Les résultats révèlent que les forêts occupaient 41,49 % des quartiers urbains en 1990, contre seulement 7,41 % en 2025. Dans les quartiers périurbains, notamment Bujovu, Lac Vert et Mugunga, la couverture forestière est passée de 74,8 % à 8,41 %. « Les espaces forestiers sont progressivement remplacés par les constructions, ce qui explique la disparition accélérée des arbres dans la ville », explique-t-il.
Au-delà de ces statistiques, les travaux mettent en évidence le rôle essentiel des forêts urbaines dans la séquestration du carbone, la régulation du climat local, la préservation de la biodiversité, la limitation de l’érosion des sols et l’amélioration de la qualité de l’air. L’étude ambitionne également de proposer un modèle de gouvernance durable conciliant urbanisation et conservation des ressources forestières.
Pour CT Esdras Shabani Bin Kasongo, la sauvegarde des forêts urbaines constitue désormais un impératif environnemental. Il estime que les autorités publiques, les chercheurs, les organisations environnementales, les partenaires techniques et les communautés locales doivent unir leurs efforts afin d’inverser la tendance actuelle et renforcer la résilience climatique de Goma.
« Il est temps pour nous de nous lever et de nous engager tous dans les actions de reboisement afin de sauver la vie des populations et l’avenir de la ville de Goma », conclut CT Esdras Shabani Bin Kasongo.
Emmanuel Kasereka bin Vikingi