
Kinshasa, octobre 2025 — En pleine crise humanitaire et économique, la République Démocratique du Congo, classée parmi les cinq pays les plus pauvres du monde, voit son Fonds national de réparation des victimes (FONAREV) au cœur d’une vive polémique. L’invitation de Mike Tyson, star mondiale de la boxe, par cet établissement public, suscite l’indignation.
Placide Itula, jeune activiste du Nord-Kivu et membre du mouvement LUCHA RDC, dénonce une opération de communication coûteuse et déconnectée des réalités des victimes. « Comment justifier des millions de dollars pour une célébrité étrangère alors que les survivants des violences attendent toujours réparation ? », s’interroge-t-il.
La visite de Tyson au mémorial du GENOCOST à Kinshasa, saluée par certains comme un hommage symbolique, est perçue par d’autres comme une diversion. Pour de nombreux Congolais, cette mise en scène ne répond en rien aux besoins urgents des victimes de conflits armés.
Des organisations telles que CASMIA-G, JUSTICIA ASBL et l’APDHJ ont récemment dénoncé les rémunérations jugées excessives des mandataires du FONAREV. Un arrêté ministériel de mars 2025 aurait instauré des avantages sociaux disproportionnés, creusant davantage le fossé entre les dirigeants et les bénéficiaires.
Placide Itula accuse le FONAREV de s’être transformé en « cartel d’enrichissement illicite » au profit d’un cercle proche de la présidence. Il appelle à sa dissolution immédiate et à la poursuite judiciaire de ses animateurs, au niveau national ou international.
Selon lui, les victimes n’ont rien à gagner des accolades avec des stars internationales. Ce qu’elles réclament, c’est la justice, la reconnaissance et des réparations concrètes, conformément aux missions régaliennes de l’établissement.
Alors que le pays fait face à des défis majeurs, cette affaire relance le débat sur la transparence, la gouvernance et le respect des droits des victimes. Pour la société civile, y compris Placide Itula, membre de la LUCHA RDC au Nord-Kivu, il est temps que les institutions publiques répondent aux attentes des citoyens plutôt qu’à des logiques de prestige.
Emmanuel Kasereka bin Vikingi