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Dialogue national : à Kasindi-Lubiriha, la société civile exige une démarche inclusive pour la paix

À Kasindi-Lubiriha, à la frontière entre la RDC et l’Ouganda, une voix de la société civile appelle à faire du dialogue national un véritable instrument de paix, plutôt qu’un processus susceptible de prolonger les incertitudes dans l’Est du pays.

Dans une tribune citoyenne reçue ce vendredi 28 août 2026, Nicho Lucho, qui se présente comme un « Indigné vigilant », interpelle sur la portée des consultations annoncées par le président Félix Tshisekedi. Dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité et des urgences humanitaires et sanitaires, il estime que toute initiative visant à rechercher la paix mérite d’être examinée à l’aune de son efficacité réelle sur le terrain.

« On ne joue pas avec le feu lorsqu’on habite une maison en paille », écrit-il, soulignant ainsi l’urgence d’une démarche à la hauteur de la gravité de la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo. Selon lui, les consultations organisées province par province peuvent constituer une étape utile, mais elles risquent de rester insuffisantes si elles ne débouchent pas sur une dynamique capable de s’attaquer aux causes profondes des conflits qui affectent notamment l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

Cette inquiétude s’inscrit dans un environnement particulièrement fragile. La tribune évoque plus de 999 000 personnes déplacées en Ituri, ainsi que plus de 5 000 élèves privés de cours à Irumu. À cette situation humanitaire s’ajoutent les préparatifs de la rentrée scolaire prévue le 1er septembre, dans un contexte de vigilance face à la 17e épidémie d’Ebola, ainsi que les alertes sécuritaires récurrentes auxquelles sont confrontées les populations de Beni et de Lubiriha, avec des répercussions ponctuelles sur le fonctionnement de la frontière avec l’Ouganda.

L’inclusivité au cœur des préoccupations

Pour Nicho Lucho, la principale interrogation porte sur les acteurs appelés à prendre part au processus. « Un dialogue sans ceux avec qui vous avez un problème peut-il réellement apporter la paix ? », questionne-t-il. Il plaide ainsi pour une démarche suffisamment inclusive pour réunir les parties directement concernées par les conflits, estimant qu’une paix durable ne pourrait être construite sans la participation des acteurs dont l’implication est indispensable à la résolution de la crise.

À Kasindi-Lubiriha, cette position traduit, selon l’auteur de la tribune, une attente qui dépasse les considérations politiques : celle d’une population qui souhaite voir les initiatives de dialogue produire des résultats concrets. Les habitants, affirme-t-il, ne veulent plus de « calculs politiques ni de perte de temps », mais réclament la paix, la vérité et une solution durable. La démarche attendue devrait donc, à ses yeux, privilégier l’intérêt de la population et la recherche d’une issue définitive aux conflits.

Cette tribune citoyenne illustre ainsi le sentiment d’une partie de la population de l’Est, située entre l’espoir de voir le dialogue ouvrir une nouvelle voie vers la paix et la crainte qu’il ne devienne un processus dilatoire. Alors que les consultations annoncées sont appelées à susciter des attentes importantes, la question de leur représentativité, de leur inclusivité et surtout de leur capacité à produire des engagements concrets demeure au centre des préoccupations exprimées à Kasindi-Lubiriha. La rédaction précise que cet article est réalisé à partir d’une tribune citoyenne reçue le 28 août 2026 et reste ouverte aux réactions et aux points de vue contradictoires.

La Reine Aminata Kitambala

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