
La République démocratique du Congo traverse une crise alimentaire d’une ampleur inédite. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a alerté sur la gravité de la situation, soulignant que près de 28 millions de personnes à travers le pays sont aujourd’hui confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, un record inquiétant qui ne cesse d’augmenter.
Une urgence humanitaire dans l’est du pays
Le cœur de la crise se situe dans l’est de la RDC, notamment dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Tanganyika, où plus de 10 millions de personnes sont touchées. Ces régions, ravagées par des conflits armés persistants, sont particulièrement vulnérables. Selon le rapport de la PAM diffusé par la RFI, plus de 90 % des ménages dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu ne parviennent plus à subvenir à leurs besoins alimentaires de base. Les populations réduisent drastiquement le nombre et la taille des repas, souvent en faisant l’impasse sur les aliments nutritifs essentiels à la santé.
Des conséquences directes du conflit
La violence chronique dans cette partie du pays provoque non seulement des déplacements massifs, mais perturbe aussi gravement l’économie locale. L’agriculture, pilier de la sécurité alimentaire, est à l’arrêt dans plusieurs zones : les agriculteurs ne peuvent ni semer, ni récolter en sécurité. Par ailleurs, les routes commerciales sont devenues impraticables ou dangereuses, entraînant une flambée des prix sur les marchés et une raréfaction des denrées alimentaires.
Un besoin urgent de financement
Face à cette situation critique, le PAM lance un appel pressant à la communauté internationale. En visite à Goma, Éric Perdison, directeur régional du PAM, a insisté sur l’urgence d’une mobilisation financière. L’organisation a besoin de 433 millions de dollars pour maintenir ses opérations humanitaires jusqu’à octobre 2025. À défaut, la moitié des personnes actuellement aidées pourraient être privées d’assistance, mettant ainsi en péril la vie de millions de Congolais.
Cette crise humanitaire, exacerbée par les conflits et le dérèglement des structures agricoles et économiques, appelle à une réponse globale, rapide et coordonnée. Sans un soutien massif, la RDC risque de s’enfoncer encore davantage dans une famine silencieuse mais dévastatrice.
Nzangura Kwavingiston