
Le mouvement Rasta Ouran défend une approche encadrée du cannabis à des fins médicales et industrielles, tout en appelant les jeunes à se détourner de son usage comme stupéfiant.
Dans une interview accordée à BeroyaFM.net samedi 29 août 2026, Kasereka Musavuli Shoka, membre du mouvement Rasta Ouran, antenne de Goma, et responsable du département de l’information et de la jeunesse, a défendu une approche encadrée du cannabis à des fins médicales et industrielles. Selon lui, cette plante, connue depuis longtemps dans plusieurs sociétés africaines, ne devrait pas être uniquement associée à sa consommation sous forme de stupéfiant. Il estime qu’une distinction doit être établie entre les usages médicaux et les pratiques liées à l’intoxication.
Pour Kasereka Musavuli Shoka, le cannabis présente des potentialités qui dépassent largement la consommation récréative. Il évoque notamment son utilisation dans certains domaines de la médecine ainsi que dans la fabrication de textiles. À ses yeux, l’enjeu consiste à mieux documenter les propriétés et les applications de la plante afin d’en apprécier aussi bien les bénéfices que les risques. Il invite ainsi le public à dépasser les préjugés et à s’intéresser aux différents usages qui peuvent être faits du cannabis.
Le responsable de Rasta Ouran insiste toutefois sur la nécessité d’un cadre légal et réglementaire strict. Il rappelle que l’éventuelle culture du cannabis à des fins médicales ne signifie pas que sa production ou sa détention deviendrait libre pour tous. À l’image d’autres ressources dont l’exploitation est soumise à des autorisations, cette activité devrait, selon lui, être encadrée par les pouvoirs publics afin de garantir la traçabilité des producteurs, des produits et de leurs usages.
Cette distinction constitue, selon lui, un élément essentiel du message que Rasta Ouran souhaite transmettre à la jeunesse. Le mouvement affirme ne pas promouvoir la consommation du cannabis comme drogue et condamne son utilisation à des fins d’intoxication. « Nous n’apprenons pas aux gens à fumer du cannabis », affirme Kasereka Musavuli Shoka, qui présente plutôt l’orientation défendue par le mouvement comme une sensibilisation aux usages médicaux et aux possibilités de recherche autour de la plante.
Le responsable évoque également le recours ancien à certaines plantes dans les pratiques de soins traditionnelles. Il estime que les connaissances héritées des générations précédentes doivent toutefois être confrontées aux exigences actuelles de la médecine, de la recherche scientifique et de la réglementation sanitaire. Pour lui, l’intérêt du cannabis médical doit ainsi être examiné sur la base de données scientifiques et dans des conditions contrôlées, plutôt que par une simple opposition entre ceux qui le considèrent comme bénéfique et ceux qui le jugent exclusivement dangereux.
Au-delà de la médecine, Kasereka Musavuli Shoka souligne le potentiel industriel du cannabis, notamment dans le secteur textile. Cette perspective, selon lui, justifie une réflexion plus large sur la valeur économique de la plante et sur les possibilités qu’une exploitation réglementée pourrait offrir. Il reconnaît néanmoins que ces différents usages ne peuvent être dissociés de la responsabilité des autorités et des acteurs concernés, particulièrement lorsqu’il s’agit d’une substance susceptible d’être détournée de son usage médical.
À travers cette position, Rasta Ouran cherche ainsi à promouvoir une lecture différenciée du cannabis, fondée sur ses usages, ses risques et son encadrement. Le mouvement affirme vouloir contribuer à une meilleure information du public, particulièrement des jeunes, tout en soutenant la protection des ressources végétales. Pour Kasereka Musavuli Shoka, l’objectif n’est donc pas de banaliser le cannabis, mais de faire connaître ses potentialités médicales et industrielles dans le respect des lois, de la santé publique et d’une utilisation responsable.
La rédaction