
La ville de Butembo se prépare à une journée sous haute surveillance. Une journée « ville morte » est annoncée ce mardi 11 août 2026 par la Synergie des mouvements citoyens et groupes de pression, sur fond de dénonciation de l’insécurité persistante, des arrestations jugées arbitraires et de la profanation de la tombe de l’artiste engagé Delcat Idengo.
À travers cet appel, les organisations citoyennes entendent exprimer leur ras-le-bol face à une situation sécuritaire qu’elles considèrent comme préoccupante. Elles invitent ainsi la population à observer une journée de paralysie des activités afin de faire entendre leurs revendications auprès des autorités.
Parmi les principales exigences formulées figure la libération de plusieurs activistes arrêtés, dont Clovis Mutsuva, dont le dossier continue de susciter des réactions dans les milieux citoyens de la région.
La Synergie dénonce également ce qu’elle qualifie de profanation de la tombe de Delcat Idengo, artiste engagé dont la mort avait provoqué une vive émotion dans le Nord-Kivu. Pour les organisateurs, cet acte constitue une atteinte grave à la mémoire du défunt et mérite des explications ainsi que des poursuites contre les éventuels responsables.
Face à l’appel à la ville morte, les autorités ont renforcé la présence policière dans plusieurs secteurs stratégiques de Butembo. Dès ce lundi 10 août, des éléments de la Police nationale congolaise ont été déployés dans différents points considérés comme sensibles ou susceptibles de connaître des mouvements de foule.
Cette présence sécuritaire vise notamment à prévenir d’éventuels débordements, actes de vandalisme ou affrontements, alors que la ville pourrait connaître une forte perturbation des activités économiques et commerciales.
Dans les heures qui précèdent cette journée annoncée comme « ville morte », l’attention reste donc focalisée sur l’évolution de la situation dans les différents quartiers de Butembo.
Les autorités n’ont, à ce stade, pas annoncé de mesures particulières concernant le fonctionnement des activités, tandis que les initiateurs de la mobilisation maintiennent leur appel à la population.
Entre revendications citoyennes et dispositif sécuritaire renforcé, Butembo s’apprête ainsi à vivre un mardi sous haute tension. La manière dont cette journée se déroulera sera scrutée de près, dans un contexte régional déjà marqué par de nombreuses préoccupations sécuritaires et sociales.
Elie Mariboyi